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Quelle vie pour un wali honnête?

Le problème des responsables et de la responsabilité en Algérie est soumis à des critères purement algériens. Les soixante dernières années de l’indépendance, héritées de l’ère coloniale qui a également créé des habituâtes néfastes et des mauvais plis, ont concouru dans un sens bien déterminé afin de mettre en place un système administratif des plus particuliers dans le monde. Je crois que j’ai l’impression que les choses changent après l’avènement du nouveau gouvernement – juste – pour ne pas dire un le nouveau régime, issu du Hirak populaire de 2019. Avant, aucun responsable: wali, directeur exécutif, chef de daïra, n’était censé rendre des comptes à personne et par la même occasion, personne ne lui exigeait des comptes. Les affaires marchaient par habitude plutôt que par méthode. Le responsable est là sur place dans son bureau pour travailler et « se travailler ». On est là pour exécuter le boulot pour lequel on est payé et bien sûr considéré. Mais du coup, on est là, pour penser à son avenir et évidemment penser à profiter de ce statut social pour se permettre quelques affaires juteuses. Pourquoi pas, tant que la situation déplorable d’un pays, laisser pour compte, le permettait. Vous ne pouvez pas imaginer l’Algérie des cinq dernières années du règne du régime déchu; la gravité des scandales financiers sur lesquels la justice est en train de se pencher, depuis deux ans, traduisent l’ampleur de cette situation de détresse par laquelle le pays avait passé et Dieu soit loué, il a été de justesse sauvé. L’on dit que les choses ne suivent plus le même cours. Parait-il, que les responsables « de proximité » arrivent péniblement, à se reposer en réussissant pour une fois à faire leurs huit heures et mériter leur salaire; avant cet événement, le responsable qu’il soit haut, très haut ou de proximité, se consacrait d’abord à entrevoir son avenir pour une retraite douce, en plongeant de plain-pied dans les affaires, en profitant d’une situation politique précaire et d’un statut social qui rendent les choses plus cool et qui dit affaires, doit nécessairement dire corruption, passe- droit et autres maux. Ensuite, il est là sur place, H24 au service de ses concitoyens et d’emblée au service de sa patrie chérie. Il n’y a que le responsable honnête qui n’est pas intéressé par notre engueulade et Dieu sait, combien étaient-ils si minoritaires. Souhaitons qu’avec le nouveau régime de la nouvelle République, les choses vont rouler autrement.

À propos Abdelkader Benabdellah

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