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Programme de développement agricole en zones sahariennes. La précipitation, le grand handicap !

Alors que l’Algérie plaide depuis des années pour assurer une meilleure utilisation de tous les aspects liés aux ressources hydriques, notamment en matière d’accès en eau d’assainissement et potable, voilà que le déficit pluviométrique se pose de nouveau en termes crus. Ce manque en eau de précipitations risque d’affecter de plein fouet le développement des cultures en zones sahariennes, selon les experts agricoles. Alors, ce déficit en eau pourrait-il compromettre le développement du secteur de l’agriculture ? La nouvelle stratégie prônée par le secteur agricole est de se tourner, dorénavant, vers les zones sahariennes pour garantir une autosuffisance agricole en matière de production nationale. Cependant, force est d’admettre que la pénurie des pluies, qui a fait des siennes durant les dernières années, est en train d’handicaper la relance d’un secteur aussi capital, de surcroît dans des zones et régions demeurées longtemps sous utilisées ou non suffisamment exploitées, à bon escient, en matière de pratiques de cultures en tous genres, particulièrement les cultures qu’on ne peut pas développer dans la partie du nord du pays à cause des conditions biologiques et climatiques. Sauf que, comme le dit le proverbe: “la charrue avant les bœufs”, les experts sont unanimes à reconnaitre qu’au-delà de ce “déficit en eau”, il y a un problème lié au “manque de disponibilité des surfaces susceptibles de recevoir les projets” et “l’absence d’une industrie de transformation” dans les zones sahariennes. Aux yeux du professeur Brahim Mouhouche, enseignant à l’École supérieure d’agronomie, cela va de soi, le programme de développement agricole en zones sahariennes, en particulier, n’ayant pas été l’objet d’études plus approfondies. “ Il n’y a pas assez d’eau, même pour boire dans les zones sahariennes”, assène d’emblée le professeur, sachant que cette ressource naturelle est aussi vitale pour l’homme que pour le végétal et les cultures. Il en est ainsi, ajoute-t-il, des projets d’introduction de cultures de colza, d’arachide, de maïs et de betteraves sucrières, qu’on ne peut pratiquer dans les régions au nord du pays, parce qu’il n’y a pas assez d’eau, « même pour boire». Intervenant, lundi, à l’émission L’Invité de la rédaction de la chaîne 3 de la Radio Algérienne, celui-ci considère que la pratique de ces types de cultures en zones sahariennes ne peut se réaliser «du jour au lendemain». Il souligne en effet, qu’”il est indispensable de laisser aux agriculteurs le temps de s’y adapter. Citant d’autres contraintes à surmonter par les agriculteurs et qu’il va falloir y remédier pour pouvoir pratiquer ces cultures, il met en avant la rapidité mise à préparer le terrain pour débuter ces types de cultures. «On ne peut, déclare-t-il, jamais obtenir de résultats» en faisant dans la précipitation. Il relève à titre d’exemple, l’absence d’infrastructures de transformation, « des contraintes importantes», dont il observe qu’elles ne pourraient être levées à l’horizon de 2024, «si on n’y met pas le paquet ». Parmi les autres défis à relever pour engager ces projets dans la bonne voie, le professeur Mouhouche met, d’autre part, en avant les travaux de mise en valeur des surfaces appelées à les recevoir, « lesquelles prennent du temps », ainsi que les budgets importants qu’ils nécessitent pour devenir opérationnels. À tous ces aspects, il ajoute ceux relatifs à l’exploitation des ressources en eau, non renouvelables, situées souvent au-delà des 2 000 mètres de profondeur, dont la salinité, souligne-t-il, ne s’adapte pas toujours aux cultures projetées et qui, de plus, compte tenu de leur température élevée, demandent à être traitées dans des structures appropriées. Il revient aussi sur l’approvisionnement en eau posé au nord de l’Algérie. L’Invité, tout en relevant qu’il reste majoritairement tributaire des précipitations pluviales, insiste sur la nécessité pour l’agriculture d’utiliser des systèmes pour pouvoir l’économiser au maximum. À ce propos, il regrette, par exemple, qu’on rejette à la mer environ 1,2 milliard de m3 d’eaux usées, chaque année, qu’il soit, selon lui, possible de réutiliser, après traitement, entre 600 à 700 millions de m3 sur la même durée, au lieu des 10 à 15 millions de m3 obtenus actuellement. « Un crime », commente-t-il.

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