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Pourquoi tant de violence faite aux femmes?

La violence faite aux femme en Algérie est inquiétante à plus d’un titre. Les chiffres de femmes violentées ou féminicides sont en hausse et indiquent que la violence est devenue un phénomène social. Selon la DGSN, il a été enregistré en 2020, 5835 femmes victimes de violence, dont 71,17% physiques. Et dire que ce chiffre est approximatif puisque ce ne sont pas toutes les femmes victimes de violence qui osent aller déposer plainte. Beaucoup de femmes victimes de violence, que ce soit conjugale ou autres, préfèrent ne pas alerter les services concernés ou même la famille. « Les femmes ont de la peine à aller déposer plainte à cause des contraintes et des obstacles auxquels elles sont confrontées comme le divorce éventuel, manque de logement, manque de travail, manque de revenus, enfants à élever sans le père », a indiqué l’avocate Nadia Aït Zaï. Souvent le silence des femmes victimes de la violence conjugale ou familiale conduit à des meurtres. Déjà, rien que pour les dix premiers mois de 2020, 43 féminicides ont été enregistrés en Algérie, selon le décompte de l’association « réseau wassila ». Selon « feminicides-dz », il a été recensé 54 féminicides. En 2019, 75 féminicides avaient été comptabilisés. Pour faire face, des actrices algériennes ont opté pour enregistrer une vidéo et dénoncer ce fléau. Leur témoignage choc, rapidement devenu viral, leur a valu d’être elles-mêmes victimes de menaces. Une vidéo, qui a fait le buzz sur les réseaux sociaux, a choqué le citoyen où il est question de mobiliser et sensibiliser la société contre cette violence. « Cette campagne s’adresse à tout le monde, hommes et femmes. Ce n’est pas pour incriminer les hommes algériens mais pour responsabiliser tout le monde », explique l’actrice Salima Abada. Même si la campagne a suscité quelques « incompréhensions », elle reste positive. « Il y a un débat, de la colère, un ras-le-bol, c’est déjà ça de gagné ! », assure-t-elle. Le groupe prévoit dans un second temps la diffusion d’une vidéo de sensibilisation. Beaucoup laissent croire que cette hausse des chiffres de la violence serait essentiellement la résultante du confinement, et donc absence de sortie et de joie, et de la misère sociale, mais cette violence est là depuis des années. Aujourd’hui, l’Etat et le mouvement associatif devront s’associer pour une campagne de sensibilisation et de mobilisation contre ce fléau. Une campagne qui devrait toucher même nos enfants à l’école et surtout permettre aux femmes de parler et raconter leur quotidien. La société devra se pencher contre cette violence qui touche nos filles, nos sœurs, nos proches et nos amies et cela à tous les niveaux. Moderniser l’« alerte» contre la violence et permettre, à la victime surtout, une prise en charge dès qu’elle dénonce l’acte de violence. A défaut, on continuera à enterrer nos femmes et à soigner leurs blessures.

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