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Point de Vue. Lettre aux auteurs anonymes

Par A. Benabdellah

Jamais la question des lettres anonymes n’avait fait objet d’une réaction présidentielle sérieuse et presque violente. Les méthodes de dénonciation via lettres anonymes, d’ailleurs très prisées par les algériens, vont sûrement soulever un autre débat politique à l’arrière-plan juridique, notamment quant à la façon de gérer les questions ayant trait à l’administration et à l’économie du pays. Le président de la république et après l’avoir solennellement désapprouvé, vient de prononcer son ordre ultime en vue de cesser ces pratiques et que la justice algérienne ne devrait pas prendre au sérieux cette méthode de dénonciation qui n’a pas ses justifications dans les textes juridiques de la république. Dans les lettres anonymes, il y a évidemment du bon et de l’ivraie. Il y a des gens honnêtes qui cherchent sincèrement à dénoncer d’autres nuisibles, suite à un préjudice constaté. Comme il y a en revanche des gens malhonnêtes qui cherchent à nuire à des personnes intègres, par rivalité politique, professionnelle ou parfois par jalousie … Dans les deux cas, ce n’est pas la bonne méthode qui pourrait servir la justice et le droit. Mais, tant que l’auteur s’abstient de s’identifier, une lettre anonyme pourrait avoir un seul avantage. Ce sont les renseignements qu’elle contient et qui pourraient intéresser les Services de sécurité en vue de déclencher une enquête sur la base de ces semi-vérités entachées de bluff. Mais attention, dans une lettre anonyme il y a toujours quelque chose de vraie, bien qu’enroulée dans un tas de fausses allégations. Du point de vue juridique, ce support est loin d’être une pièce à conviction. Ainsi, il n’est pas logique de déclencher une action en justice sur la base d’informations suspicieuses, contenues dans une lettre, dont le témoin n’est pas identifié. Parfois, l’on est obligé de tirer de derrière le mur, justement, pour se protéger des conséquences graves, surtout si la personne dénoncée fait partie de la caste du sérail, donc, non punissable. Dans ce genre de cas, la dénonciation, si elle est officielle et criée sur la place publique, elle aura un effet de boomerang sur son infortuné témoin. Notamment, quand ce pauvre dénonciateur tente de voler avec des ailes brisées. Afin d’éviter tous ces hauts et ces bas superflus, Il faudrait que l’Etat soit omniprésent partout là où sa présence devrait s’avérer impérative… Avec des Services de sécurité aguerris et une justice autonome au service de son État et de son peuple, qui en son nom, prononcé ses sentences, l’on n’aura absolument jamais le temps de recourir aux autres méthodes, mi-figue mi -raisin.

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