Accueil » MONDE » Plongés dans l’incertitude. Les étudiants étrangers en Ukraine «tiraillés» entre la fuite et l’attente

Plongés dans l’incertitude. Les étudiants étrangers en Ukraine «tiraillés» entre la fuite et l’attente

Reda «n’oubliera jamais» sa fuite d’Ukraine. Capuche sur la tête et valise à la main, cet étudiant marocain âgé de 22 ans parvient pourtant à esquisser quelques sourires en évoquant son périple entrepris depuis Dnipro. Arrivé en 2017 dans cette ville située au sud du pays pour suivre ses études de médecine, Reda a longuement hésité avant de tout quitter. «Les bombardements ont commencé le 27 février à 3 heures du matin. L’ambassade nous a rapidement conseillé de partir mais l’université nous laissait penser qu’il n’y avait pas de danger. J’étais tiraillé», explique-t-il. Une semaine après le début du conflit, Reda fait finalement ses valises, direction l’ouest. Pendant vingt-quatre heures, le train bondé dans lequel le jeune homme est monté reste plongé dans le noir, «pour ne pas se faire repérer par les avions». Arrivé à Lviv, Reda cherche à rejoindre la frontière hongroise. «On ne nous laissait pas monter dans les trains, il y avait clairement du racisme. Je suis resté à quai pendant sept heures. Franchement j’ai failli renoncer et rentrer mais j’ai fini par trouver un taxi», poursuit-il. Sur la route, le véhicule est contrôlé par des policiers. Un moment resté ancré dans son esprit: «Ils nous ont dit de retourner à Dnipro. Sous prétexte que je vivais en Ukraine depuis cinq ans, ils m’ont dit que je devais aider les troupes ukrainiennes à se battre et ils ont commencé à m’amener une kalachnikov. C’était terrifiant». Arrivé sain et sauf en Hongrie quelques heures plus tard, Reda a retrouvé à Budapest certains de ses camarades de promotion et compatriotes. Parmi eux, Badr, 32 ans, dernier du groupe à avoir quitté Dnipro. « Je me disais que ça allait se calmer. Jusqu’au jour où un missile est passé au-dessus de chez moi. J’attendais le choc, je suis resté figé. C’est ce qui m’a convaincu de partir», confie le jeune homme sur le parvis de la gare de Nyugati. Depuis, ces étudiants sont plongés dans « l’incertitude»: «On a investi beaucoup d’argent pour financer nos études et on y a consacré plus de quatre années. Qu’est-ce qui va se passer maintenant? Est-ce qu’on va pouvoir continuer notre cursus ailleurs? Est-ce qu’on va pouvoir obtenir notre diplôme sans repartir de zéro?», s’interroge Badr.

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