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Patrimoine historique. L’antagonisme des choix pour le développement de la ville

On a constaté, pendant les derniers jours d’avant l’Aïd, comme une effervescence sur les réseaux sociaux, fort bruyamment animée par certains groupes et individualités engagés dans un débat censé être orienté vers un objectif de redonner une vie au patrimoine historique de la ville de Mostaganem. Si la spontanéité de l’initiative est louable, l’on ne peut éviter de relever le fait que l’engouement, certes légitime, n’en a pas moins fini par bousculer le critère de l’historicité, initialement retenu à juste titre convient-il de le rappeler. Cela a eu tout naturellement pour conséquence de revendiquer aussi la réhabilitation de quartiers entiers comme Tigditt, Tobbana, en incluant tout Kaddous el Meddah. Personne n’a une idée même approximative, des coûts faramineux en termes de deniers, de temps et d’énergie qu’une opération de telle envergure pourrait engendrer pour les ressources de la collectivité, vu l’état de délabrement irrémédiable de la grande majorité des constructions qui composent ces quartiers depuis des siècles. Nous n’avons ni les moyens financiers, ni les moyens techniques, ni la conscience professionnelle qui oblige à l’ininterruption des tâches d’entretien. On voit bien comment sont délaissés à longueur d’année jardin public et tous les autres espaces verts de la ville, pour ne parler que de choses simples et relativement faciles à entretenir. Mais une chose est sûre: ce genre d’opérations peu parfois se révéler plus coûteuse qu’une reprise complète, quand ça touche justement des édifices en état de dégradation avancée. Pour celui qui est vraiment soucieux du développement de cette ville, c’est une réaction d’envie qui le saisit malgré lui, voire de jalousie, mêlée confusément à un regret de ne pouvoir rivaliser avec d’autres wilayas, qui nous rendent jusqu’à plusieurs décennies d’avance sur tous les plans, et qui n’étaient pas forcément plus importantes que Mostaganem dans les premières années qui suivirent l’indépendance du pays, il s’en fallait beaucoup même ! C’est pourtant cela qui devraient motiver les mostaganémois à avoir plus d’ambitions pour leur cité, plutôt que de s’obstiner à vouloir ressusciter coûte que coûte un passé qui ne peut malheureusement plus contrarier le rythme rapide des évolutions urbaines de plus en plus modernes. On ne peut pas dire que c’est un vent ambitieux qui souffle sur Mostaganem, ni que ses enfants aient de grands projets en perspective à proposer aux décideurs, pour élever cette ville au niveau atteint par celles dont les habitants sont animés d’une véritable passion de renouveau dans le sens réaliste du terme, c‘est à dire en conformité avec ce qu’imposent les exigences des temps courants en matière de satisfaction de besoins incompressibles dans tous les domaines, qui incluent aujourd’hui les loisirs même et autres occupations ainsi que de meilleures conditions de vie, bien différentes désormais de celles ayant eu cours à un moment pas très lointain de notre histoire. La modicité de ces dernières ne sut évidemment avoir raison d’une barrière mentale interdisant l’affranchissement d’une culture nourrie aux multiples sources d’une autosatisfaction circonscrite seulement dans l’humilité stérile, inspirée d’une mentalité insidieusement mais irrésistiblement alourdie par le poids d’un mode de pensée apathique, du genre «contentez-vous de ce que vous avez» ou encore «estimez-vous heureux par rapport aux autres». En somme, regarder toujours plus besogneux que soi, jamais plus nanti. Une philosophie ultra efficace pour rater complètement son processus de développement. La disparité des points de vue qui abondent au sujet de la meilleure voie à adopter, ne peut à notre avis s’estomper et cesser d’être un véritable écueil, aussi longtemps que l’on ne parviendra pas à un accord sur ce que l’on veut faire de cette ville. Et à notre sens, le débat qui ne manquera pas de s’ouvrir du fait qu’il s’agit du destin de toute une région et de celui des générations futures, se centrera inévitablement sur la question de fond et en même temps pierre d’achoppement entre les partisans du pour et du contre: ville accrochée au passé ou ville tournée vers l’avenir ?

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