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Oran affiche ses ambitions de métropole méditerranéenne. Un passé glorieux, un présent radieux

Au passé riche et mythique, Oran vit à son tour un présent radieux. Oran née de la mer en l’an 902 ap JC quand des marins andalous envoyés par de souverains Omeyaddes débarquèrent dans cette crique abondante en eau et y érigèrent un comptoir de commerce et de transit, n’a jamais fermé la porte à l’étranger, elle qui accueille à partir de samedi 25 juin la 19ème édition des Jeux Méditerranéens. Une ville métropolitaine qui compte une histoire extrêmement fertile en événements, anciens et nouveaux. D’une position géostratégique peu commune, des voies d’accès et d’un climat agréable, Oran ressemble plutôt à une ville venue du ciel, du Paradis. Une ville qui aspire, aujourd’hui, à la modernité à un avenir éblouissant à la hauteur de ses prétentions et ambitions. Une ville restée, tout au long de son histoire, l’un des centres scientifiques et culturels les plus importants de la région du Maghreb. Une véritable forteresse résistant aux assauts des envahisseurs de la rive nord de la Méditerranée. Selon une majorité d’historiens, la fondation de la ville d’Oran remonte en l’an 902 de notre ère lorsque des voyageurs andalous s’y sont installés et ont utilisé le port de Mers El-Kébir pour développer leur commerce. A travers des lustres Oran a été le théâtre de prédilection de conflits de civilisations et de tribus dominantes de l’époque telles les Omeyaddes les morabittines les Zianides et les Othomans en passant par les conquérants espagnols, les portugais et les français. Raison qui fait qu’elle a aujourd’hui mille et une facettes et mille et une histoires. Oran est un livre qui n’est pas encore fermé. Elle cache encore des secrets et des non-dits. Sa dimension, sa richesse tant culturelle que linguistique ont plaidé pour son statut de «ville mondiale» pas seulement méditerranéenne. Avec le temps, les habitants des régions limitrophes les ont rejoints, permettant l’extension de son urbanisation et l’augmentation de la densité de sa population, grâce à sa position donnant sur la Méditerranée. Oran avait acquis une importance stratégique maritime, économique et culturelle. Cependant, le noyau de la ville remonte aux anciennes époques berbères lorsque le petit village d’Ifri a été construit sur la rive gauche du « Oued R’hi », connu sous le nom de « Ras El-Aïn », selon l’historien Yahia Bouâziz, qui, dans son livre « La ville d’Oran à travers l’Histoire », a estimé que les migrants venus d’Andalousie ont réalisé la « deuxième fondation » de la ville. Oran fut, on le sait, soumise à la domination des Fatimides, des Almoravides, des Almohades, des Zianides, des Hafsides et des Marinides. Elle a enregistré la fondation de nombreuses écoles, devenant l’une des principales métropoles du pays où fleurissaient science et littérature. La ville a donné naissance à des personnalités de la pensée, de la culture et de la religion. Des savants de différentes régions, cités par Benaouda El-Mazari dans son livre « Touloue Saâd Souôud fi akhbar wahran wa makhzaniha oussoud », ont fait sa notoriété. Soit plus de 75 savants et « awlia » (saints protecteurs), entre les 19e et 20e siècles, qui ont œuvré à la renaissance de la ville et participé dans la civilisation arabo-islamique dans le monde musulman, selon Yahia Bouâziz. Parmi ces savants, Cheikh Abou Ishak Abdallah Mohamed El-Ouahrani (10e s), le faqih et Qadi Abou Abdallah Mohamed El-Ouahrani (13e s), le médecin Abou Mohamed Amroune El-Ouahrani (11e s), l’écrivain Ibn Mahrez El-Ouahrani (12e s), Brahim Tazi (15e s), Cheikh Mohamed Benamar El-Houari (1439-1531), le saint patron d’Oran, dont le nom est lié à la ville. Oran a subi les raids hispano-portugais et ceux des Portugais l’ont occupée à deux reprises. La première de 1415 à 1737, reprise par les Zianides. La seconde de 1471 à 1477. Les espagnols l’ont ensuite occupée en l’an 1509 et ont été chassés en 1708, puis l’ont réoccupée en 1732. Oran a également fait l’objet d’opérations d’altération de sa mémoire, de sabotage et de déformation de ses repères civilisationnels, urbains, historiques, culturels et religieux, notamment arabes et islamiques, par les espagnols. La libération définitive de la ville d’Oran eut lieu le 27 février 1792, après le siège imposé par le bey de Mascara Mohamed Ben Othmane El-Kebir à la garnison militaire espagnole d’Oran et de Mers El-Kebir, ainsi que les combats héroïques menés par des volontaires de toutes les régions de l’ouest du pays qui ont infligé une lourde défaite aux espagnols et les ont forcés à évacuer la ville, souligne le professeur d’histoire à l’université d’Oran 1 « Ahmed Ben Bella », le Pr Mohamed Bendjebbour. Oran a redoré sa gloire et sa dimension arabo-islamique, reconstruite et rétablie de ses séquelles. Le processus d’effacement de son identité, de ses repères culturel et islamique n’a alors jamais abouti. Aussi lors de la Guerre de l’indépendance, cette ville faisait partie des zones où le lancement des premières opérations, le 1er novembre 1954, étaient préparés, lorsque le groupe dont faisait partie le martyr de la guillotine, Ahmed Zabana, fut chargé de s’emparer des armes dans la caserne du quartier d’Eckmühl, entre autres opérations. Auparavant, Oran a été témoin de l’opération de l’attaque de la grande Poste par des commandos de l’Organisation Spéciale (OS), le lundi 5 avril 1949, qui a permis d’obtenir des fonds pour financer l’action armée contre le colonialisme français. Depuis l’indépendance, Oran n’a cessé de lier son passé glorieux à son présent radieux à travers de nombreuses expansions urbaines, redynamisant le mouvement commercial, culturel et touristique, et développant des pôles industriels spécialisés en partenariat, tels que la pétrochimie, la sidérurgie, l’industrie automobile et le secteur pharmaceutique. Oran, qui compte trois universités et de nombreux centres de recherche et qui a été renforcée par de nouvelles infrastructures sportives, de complexes touristiques et d’établissements sanitaires, ambitionne de poursuivre sa renaissance dans tous les domaines. La prochaine édition des Jeux Méditerranéens sera une opportunité pour cette ville et ses habitants d’afficher cette ambition de devenir une métropole qui compte dans le bassin méditerranéen.

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