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Niger: La diplomatie face à la logique des armes

«La diplomatie est aussi l’art de reporter les décisions jusqu’à ce que les problèmes se résolvent d’eux-mêmes.» Paulo Coelho

La classe politique française serait, actuellement, déchirée sur la question : comment devrait-on traiter le problème au Niger! Et ce, depuis le coup d’Etat ayant renversé le président Bazoum. La France n’était pas du tout contente de ce coup de force politique, ayant visé directement sa présence et ses intérêts vitaux dans ce pays, pauvre dans son état, et riche par ses ressources… Lorsqu’on parle du Niger à l’Elysée, on parle d’uranium et de la main basse française de cette source énergétique vitale pour la métropole… C’est pour ça et comme je l’avais insinué plus haut, que la classe politique serait déchirée, par le fait qu’il y a une grande frange dans ces milieux décideurs qui prône une intervention militaire « au bistouri » visant à écarter les putschistes et remettre le pouvoir aux mains des gens pro-français. Cela aurait été facile, il y a un demi-siècle de ça, quand les circonstances étaient autres et plus favorables à ce genre d’aventures. Actuellement, la mouvance vachement anti-française est de plus en plus grandissante, pas uniquement au Niger, mais dans toute la partie du continent, gisant toujours, sous la tutelle politique française. Les Africains libres se souviennent interminablement des Nkrumah, des Patrice Lumumba, des Sylvanus Olympio, des Thomas Sankara, et j’en passe. Ce sont les grands et éternels martyrs de la cause africaine ayant refusé la tutelle occidentale et la rapine de leurs richesses. Les Africains se sont sentis plus forts et rassurés, quand ils ont accepté le concours de la puissance russe – l’ennemi de mon ennemi est mon ami- disait l’adage… Un but commun, celui d’affaiblir l’hégémonie française, dans les pays sous l’étreinte de la puissance française. Le problème, c’est que les sentiments anti-français ont gagné la rue et les masses populaires. Ce ne sont plus l’apanage de quelques élites politiques et intellectuelles. L’option visant à inciter quelques pays africains toujours, sous la coupe française, à intervenir au Mali et Niger, ça n’a pas marché… L’Algérie, en tant que pays limitrophe, avait, rappelle-t-on, rejeté tout recours à la violence, afin de redresser la situation au Niger et dans les autres pays. Le choix unique restant pour la France si vraiment elle cherchait à sauver ses intérêts et ne pas souffler dans les braises des sentiments anti-français en Afrique, ça serait l’option du dialogue et le recours aux canaux diplomatiques officiels et officieux… L’Algérie serait disposée à jouer un rôle d’intermédiaire dans n’importe quelle option du dialogue, visant des solutions pacifiques…

À propos Abdelkader Benabdellah

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