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Mouvement pro palestinien sur les campus américains et européens. L’autre Intifada

Etats Unis, France, Australie et Allemagne, pour ne citer que ces pays, connaissent depuis quelques semaines un vent inédit de contestation des étudiants, en signe de solidarité avec la population civile de Ghaza qui continue d’être la cible d’Israël. Des dizaines d’arrestations, des policiers face à des étudiants qui ne décolèrent pas, la situation est restée de jeudi à samedi tendue et rien n’augure, en effet, qu’elle puisse se raffermir du moins à court terme. Le mouvement estudiantin américain est sans cesse en ébullition en faveur de la cause palestinienne et en contestation des génocides commis depuis le 7 octobre par l’Etat sioniste dans la bande de Ghaza où 14.000 enfants, et peut-être autant de femmes, ont été jusque-là tués sur un total de 34.000 victimes. Jamais pareille barbarie sauvage n’a été perpétrée en 200 jours, en temps de guerre, même du temps des nazis, durant la seconde guerre mondiale. Le peuple américain, particulièrement les étudiants, proteste vigoureusement contre la guerre injustifiée et aveugle que mène Israël contre les Palestiniens de Ghaza. Que se passe-t-il dans les campus américains? Des dizaines de tentes sont construites par les étudiants, affiliés à pas moins de 10 grandes universités américaines, pour dénoncer l’appui militaro financier des Etats Unis à Israël et appeler à la cessation de la guerre, eu égard à la catastrophe humanitaire que celle-ci a causée depuis le début des exactions, au moment où certaines informations parlent d’une montée des tensions dans 20 universités américaines.
Les universités de Colombie, New York, Pennsylvanie et George Washington ne sont plus ce qu’elles étaient. Les mises en garde adressées par les administrations de ces universités ont été loin de calmer les tensions menaçant de recourir aux suspensions des étudiants manifestants et des enseignants pro palestiniens. Pour preuve, près de 200 manifestants pro palestiniens ont été interpellés samedi sur trois campus américains, lors de l’évacuation par la police de leurs campements, dernier épisode d’un mouvement étudiant qui s’élargit aux Etats Unis. Partie il y a dix jours de l’université Columbia à New York, cette nouvelle vague de soutien aux Palestiniens et contre la guerre que conduit Israël dans la bande de Ghaza, s’est propagée telle une traînée de poudre vers d’autres établissements aussi réputés comme celui de la Californie, au nord-ouest des Etats-Unis, en passant par le centre et le sud. Une centaine de manifestants pro palestiniens ont été brièvement interpellés par des policiers anti-émeute dans une université de Boston. L’établissement, la North Eastern University, a annoncé « l’interpellation d’environ 100 individus par la police », en précisant que « les étudiants qui ont présenté leurs cartes de Northeastern U, ont été libérés (…). Ceux qui ont refusé, ont été arrêtés ». Un campement de quelques tentes y a été démantelé par des policiers de l’université et des forces de l’ordre locales en tenue anti-émeute, selon des images diffusées sur les réseaux sociaux. A l’autre bout du pays, les forces de l’ordre de l’université de l’Etat de l’Arizona (ASU) ont « arrêté 69 personnes, samedi, après l’installation d’un campement non autorisé », a indiqué l’établissement, en accusant la « plupart de ne pas être étudiants ou membres du personnel de l’ASU ». Ces personnes seront « poursuivies pour intrusion illégale ». Et dans le centre des Etats-Unis, 23 personnes ont été interpellées lorsque la police, munie d’équipements anti-émeute, a évacué un campement installé à l’université de l’Indiana, a rapporté le journal Indiana Daily Student. La présidence de Columbia, épicentre new-yorkais de la mobilisation estudiantine, a de son côté renoncé à faire évacuer par la police un « village » de tentes de 200 personnes sur une pelouse de son campus. La situation s’est en revanche tendue à l’université de Pennsylvanie (UPenn), dont la présidente avait démissionné cet hiver après des déclarations devant le Congrès à Washington jugées ambiguës sur la lutte contre l’antisémitisme. A la suite d' »informations crédibles de cas de harcèlement et d’intimidation », la présidence a ordonné le démantèlement immédiat d’un campement. En Californie, le campus de l’université polytechnique de Humboldt restera « fermé » pour le reste du semestre, et les cours auront lieu à distance, en raison de « l’occupation » de deux bâtiments, selon un communiqué. Et au Canada voisin, un campement a été érigé pour la première fois à l’université McGill de Montréal où le mouvement dure depuis février. L’établissement s’inquiète d' »un risque d’escalade et de confrontation ».
Les images de policiers anti-émeute interpellant des étudiants, à l’appel de dirigeants d’universités, ont fait le tour du monde. Elles font écho au soulèvement de campus américains durant la guerre du Vietnam. A travers un souvenir douloureux, celui de la Garde nationale de l’Ohio ouvrant le feu en mai 1970 à l’université de l’Etat de Kent, tuant quatre étudiants qui manifestaient de manière pacifique. Le pays compte le plus grand nombre de juifs au monde derrière Israël (quelque six millions) et aussi des millions d’Américains arabo-musulmans. Etudiants et activistes pro palestiniens seront toute la semaine traqués et empêchés de dresser leurs tentes ou exprimer leur soutien aux Palestiniens de Ghaza. La plupart d’entre eux seront interpellés puis relâchés sans poursuites. Dans ces rassemblements, des étudiants juifs de gauche et antisionistes soutiennent la cause palestinienne, keffieh sur les épaules, dénonçant même un « génocide » qui serait perpétré par Israël. Cette fièvre des manifestations n’a pas épargné les universités européennes comme celle de la Sorbonne à Paris où selon Wafa, un certain nombre d’étudiants ont manifesté à l’intérieur du bâtiment de l’université de Sciences Po dans la capitale parisienne pour dénoncer les violations de l’occupation contre le peuple palestinien. Certains de ces manifestants ont déployé le keffieh noir et blanc qui est devenu un symbole de solidarité avec Ghaza.
De plus, les manifestants ont demandé à l’administration de l’université de « condamner » les actions de l’entité sioniste dans l’enclave palestinienne qui fait face à des massacres sauvages depuis le 7 octobre 2023. Et en Grande-Bretagne, chaque samedi, des manifestations de soutien à Ghaza ont lieu, à Londres et dans d’autres villes où des dizaines de personnes descendent dans la rue pour exprimer leur solidarité avec le peuple palestinien. Matt Beach, directeur du Centre politique britannique de l’Université de Hull, a déclaré dans un communiqué de presse que l’une des raisons pour lesquelles les manifestations violentes sur les campus britanniques ont diminué, par rapport à ce qui se passe aux Etats-Unis, « est que la majorité des manifestations en Grande-Bretagne sont pro-palestiniennes et se déroulent tous les samedis ». Des dizaines d’étudiants de l’Université de Londres ont manifesté en solidarité avec Ghaza, emboîtant le pas à leurs collègues étudiants américains, a-t-on ajouté de même source. Par ailleurs, dans la capitale allemande, Berlin, la police a enlevé les tentes installées par les manifestants devant le Parlement, forcé ces derniers à s’éloigner et a fermé la zone environnante pour empêcher d’autres manifestations d’avoir lieu. Les activistes ont installé leur camp le 8 avril, lorsque la Cour internationale de justice (CIJ) a commencé à examiner une plainte du Nicaragua contre l’Allemagne, pour avoir fourni une aide militaire à l’entité sioniste, rappelle Wafa. Le Haut-Commissaire des Nations unies aux Droits de l’Homme, Jeremy Laurence, a exprimé, samedi, son inquiétude face à l’arrestation de centaines d’étudiants lors de manifestations de soutien à la Palestine, dans plusieurs universités américaines. Dans une déclaration aux médias, M. Laurence s’est dit «très préoccupé par l’arrestation de centaines d’étudiants dans des universités américaines et par la répression policière des manifestations pro Palestine». Soulignant que le droit à la liberté d’expression et de réunion est fondamental, le responsable onusien a déclaré : «Toute personne a le droit de manifester pacifiquement et ceci ne devrait pas être empêché». Il a ajouté que «le Haut-Commissariat des Nations unies aux Droits de l’Homme suit de près les informations faisant état d’islamophobie lors des manifestations», appelant à condamner et à mettre fin à ces actes.

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