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Mostaganem. Vieilles filles, facebook et syndrome du mariage

De tous les temps, au sein de la société mostaganémoise, par conservatisme, on a cultivé des tabous qui devaient provenir, très souvent, de l’arbitraire. Quelques fois, on peine à leur trouver une explication logique. La religion, la tradition, la société, le communautarisme et l’ignorance surtout nous mettent dans des situations désagréables quand il s’agit de liens sociaux tels que le mariage. A Mostaganem, chacun de nous connaît au moins un cas de fille non encore mariée, même dépassant la quarantaine. Ceci veut dire qu’il y a des centaines qui attendent d’avoir un époux. Souvent et indépendamment des milieux sociaux, la femme célibataire ayant dépassé la trentaine est fustigée de ratée car elle s’éloigne du mariage, disons d’être mariée. La  »vieille fille » surtout celle qui n’a pas fréquenté l’école, celle qui n’a pas de formation, reste coincée sans autonomie aucune. Celle-ci sera confinée au domicile des parents, dédiée aux tâches ménagères mais aussi au machisme de son père et de ses frères. Dans notre société, nulle ne peut savoir le nombre de femmes non mariées, cloîtrées chez elles et reléguées aux supplices d’attendre. Car ces femmes ne se comptent jamais car elles n’ont pas atteint le statut d’épouse. C’est ainsi que les mutations qui ont touché la famille algérienne, dans le fond et dans la forme, ne sont pas arrivées à venir à bout des idées reçues et des préjugés quand on parle de ce sujet notamment très sensible et délicat si l’on vise la gente féminine, taxée de tous les qualificatifs dévalorisants, parfois même humiliants et dégradants, à l’image de «baïra (vieilles filles)». La pauvre, elle vieillit sans pouvoir se marier et si elle ne se marie pas, elle descend au bas de l’échelle sociale vis-à-vis de sa communauté. Ne pas avoir eu la chance de se marier parce que le facteur  »mektoub » est resté invisible car la fille est aussi invisible entre quatre murs. A l’époque des marieuses, ce phénomène était moindre dans notre société. Les filles du quartier, de la famille, de l’entourage en général faisaient partie de celles ciblées par ces  »professionnelles » du mariage. Autrefois le bain maure, les mariages, les fêtes étaient des espaces très prisés des marieuses pour dénicher la fille qu’il faut marier. Chez nous, les méthodes pas catholiques de la relation freinent les options du mariage. Avoir un métier, un travail et un salaire, peut déclencher une demande en mariage. D’ailleurs, l’option de femme «travailleuse» est très demandée. Elle est même une exigence, pour les prétendants aussi bien le concerné et sa famille. Avoir un salaire fixe est une garantie, aux yeux de ces derniers pour passer un mariage, voire même une vie conjugale sans difficultés et une union plus ou moins durable. Quand chez une famille, il y a une fille qui a dépassé l’âge requis (socialement) du mariage, la mère, la tante et les autres sœurs se démêlent pour trouver une issue à celle qui a attend un conjoint. La chasse est alors ouverte …Partir ailleurs, à l’étranger, trouver un veuf à l’horizon ou même devenir une seconde ou troisième épouse chez un patriarche. Aujourd’hui, peut être, facebook et les réseaux sociaux ouvrent à ces filles la possibilité de faire des connaissances qui aboutissent probablement en mariage. Ce tabou de  »baïra », il faut bien l’admettre, est même passé au stade de syndrome identique à un mal social.

À propos CHAREF KASSOUS

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