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Mostaganem. Les enfants des zones rurales privés de loisirs

Filles comme garçons, habitant les zones rurales de la wilaya, une fois l’année scolaire achevée, ils retombent dans le néant, traversant des rudes journées de chaleur, sans aucune perspective. Pour ces gamins, le douar, avec la limite : la voie goudronnée, est leur seul espace vital. Désocialisés, bon nombre d’entre eux se convertissent en main-d’œuvre toute faite pour les activités agraires, celles spécifiques aux douars. Aller chercher de l’eau potable, ramasser du bois, irriguer la parcelle du potager, faire le berger, traire la vache, prendre soins des animaux etc…, ou bien, de temps à autre accompagner le cheikh au souk hebdomadaire. Ces enfants, cantonnés dans les hameaux, ne sont guère visibles car ils sont à l’écart de toute activité de loisir. Ce sont ces galopins qu’on observe sur les routes, convertis en commerçants d’une saison. Ceux-là qui vendent des légumes et des fruits, qui vendent du pain maison, du miel, des œufs, ou quelques herbes recueillies en forêt abîmés par la chaleur et la pollution générée par le trafic automobile. A Mostaganem, il y presque 550 douars, tous peuplés d’enfants scolarisés, si l’on suppose que chaque douar à sa propre école. Ces enfants, ceux des douars, ont aussi le droit à l’épanouissement, droit aux vacances, droit de découvrir le pays mais aucun programme de sorties sur la mer ne les a encore concernés. Des plans bleus, des excursions, des sorties récréatives doivent aussi toucher ces enfants qui vivent loin de la ”civilisation”. A Mostaganem, il est inadmissible qu’en 2018, il y ait encore des enfants qui ne connaissent pas la mer, moins encore la piscine ni même sortir en groupe loin du douar. Et dire que des piscines ont été réalisées çà et là, mais les programmes de baignade ne les touchent jamais et personne ne s’en soucie. Aller proposer aux enfants de «Ibn Ifren» à Oued El Kheir, à ceux de «Ouled Bentata» à Tazgait ou ceux de « Ouled Yahia » à Achacha d’aller se baigner, de faire des sorties récréatives, c’est de les arracher à une pressante et ahurissante routine. Les centres de colonies de vacances ne sont pas du tout pour ceux des douars, car ces enfants n’appartiennent à aucune œuvre sociale pour être né fils de paysan. Les services de la Direction de l’action sociale doivent s’intéresser aux enfants des douars avec des programmes récréatifs. Exclure ces petits algériens de la détente, c’est les contraindre à l’abrutissement. Tous ont entendu parler de ”Mostaland” et tous rêvent d’aller un jour la visiter mais tous n’ont pas les moyens même ceux de quitter le douar. Les enfants des douars sont au même niveau de retranchement que ceux du sud du pays. Ils subissent le vide, ils subissent les hautes températures et ils subissent le néant même les programmes récréatifs leur tournent le dos. Dans les chefs-lieux de daïras certaines associations font le nécessaire pour extraire, de temps à autre, des enfants vers ailleurs pour une journée mais à défaut de moyens, ces dernières ne sont qu’une goutte dans l’océan. Pourquoi pas ceux des douars? Les autorités locales notamment les APC sont en mesure de mettre les moyens pour permettre aux à ces petits ”paysans” de profiter des programmes de sorties récréatives.

À propos CHAREF KASSOUS

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