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Mois théâtral en hommage à Abdelkader Alloula. La »Halqa » au cœur des œuvres!

L’hommage à Alloula s’est poursuivi, vendredi, avec une table ronde autour des œuvres du défunt, de son parcours artistique et de son humanisme. Bouziane Benachour qui, après avoir énuméré le parcours « comédien » de AEK, a suggéré qu’il est aussi temps de se pencher sur l’humanisme et la générosité d’Alloula, en s’appuyant sur certains faits méconnus au public envers des démunis ou les enfants cancéreux.

Le réalisateur Omar Farmouche a axé sur le travail recherché d’Alloula qui avait rompu avec le théâtre italien et sur la personnalité d’Akli dans « El Ajouad » où le personnage n’était autre que le père de feu Maatoub Lounes.
Aissa Moulfera s’est, quant à lui, penché sur le côté artistique du défunt et sa méthodologie. Mostefa Abderrahmen qui a participé à ce festival avec une précieuse exposition sur le jour de l’enterrement de « Sbaa Wahran », a révélé le côté passionnant d’Alloula pour le patrimoine. L’atelier d’écriture de l’AEFO a tenu à y être présent. Benmezian Zohra a présenté l’atelier qui s’aligne sur les objectifs de l’écriture créative et évolue avec succès à travers plusieurs wilayas. Souad Belmokhtar a ému l’auditoire avec un texte sur les souffrances des femmes palestiniennes. Enfin, Kadaoui Akila a lu un texte en hommage à Abdelkader Alloula, offrant un moment respectueux et émouvant.
Le samedi a été une journée en événement. Une conférence sur « Alloula et la recherche scientifique » avec la participation des universitaires et chercheurs Mohammed Daoud, Ahsan Telliani et Abdelkarim Ben Issa, animée par Tamer Anoual, a suscité un débat tant sur la « Halqua » » que sur la vision artistique d’Alloula.
Dans le débat, le comédien et producteur Mohamed Adar a indiqué que la «Halqua» leur a indirectement été par le public, lors de leur présentation des pièces dans les villages, durant les années 70 où le car faisait office de cabine et coulisses et souvent le public s’entourait du bus. Les intervenants ont insisté sur la recherche du patrimoine et de le valoriser artistiquement.
En suite, le public a suivi le documentaire d’Ali Aissaoui, un extrait de la représentation de l’artiste Jaloul Fahmi intitulé « Hakim Dakar », ainsi qu’une pièce de théâtre intitulée « Al Wissam », texte Abdelkader Alloula, par la troupe de théâtre expérimental volontaire, dirigée par Samir Bouanani où les jeunes ont excellé dans l’interprétation et le «jeu».
La journée fut clôturée par la troupe de l’infatigable El Hadj Abbes Lacarne, El Goual, et sa poésie populaire qui nous a replongés dans notre passé avec comme «Ya Diwan Essalhin ».
Le lundi, c’était au tour de découvrir la belle pièce «Antigone» interprétée par de jeunes artistes non voyants. Les activités reprendront le samedi 16 mars.

      « Hadjrat Essbar »,
                                                 une belle et audacieuse œuvre !

Atiq Rahimi est un écrivain et cinéaste afghan-français né le 26 février 1962 à Kaboul, en Afghanistan.
Il est surtout connu pour ses romans qui explorent les thèmes de la guerre, de l’identité et de l’émancipation des femmes dans la société afghane.
Rahimi a publié plusieurs autres romans dont Syngué Sabour, publié en 2008, en hommage à la mémoire d’une poétesse afghane tuée sauvagement par son mari et il est bien connu que cette poétesse afghane, à laquelle Rahimi fait référence, est Nadia Anjuman, tuée par son mari en 2005, qui raconte l’histoire d’une femme afghane qui parle à une pierre sacrée pour se libérer de sa vie de souffrance. Le roman a également été adapté pour le cinéma par Rahimi lui-même. Mourad Senouci l’avait aussi adapté pour le théâtre «Hadjrat Essbar ». Comme Rahimi dépeint la tragédie de son pays dans une chambre étroite, à travers le monologue d’une jeune femme, Mourad Senouci l’a aussi projeté dans la tragédie de la décennie noire.
Ce vendredi, au TRO AEK Aloula, les trois comédiens Aahd Soufiane, Amine Rara et Amina Belhocine se sont transcendé dans l’interprétation, la gestuelle et surtout dans le jeu de rôle où tout revenait à la symbolique. Malgré un texte lourd, le metteur en scène Mourad Moulay Meliani, connu pour ses idées novatrices, a brillamment relevé le défi avec une mise en scène sobre mais efficace, même si elle reste perfectible. Avec une scénographie minimaliste, mais judicieusement mise au service de la dramaturgie d’une œuvre dense et audacieuse.
C’est l’une des rares pièces de théâtre à avoir bravé le silence artistique sur tout ce qui concerne le terrorisme islamiste. La chorographie d’Aissa Chouat et la musique d’Adel Aamamra ont donné de la profondeur à l’œuvre. Meliani a su nous replonger dans un passé douloureux avec des scènes « osées » artistiquement. Les deux Mourad sont restés fidèles à l’esprit du défunt Alloula avec son idée de la « Halka», l’inspiration ou « El Ibdaa » et la « souplesse » du texte entre la Daridja et un arabe classique compréhensible pour tous.

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