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Migration et asile, l’UE durcit les lois!

L’UE fait face à une hausse des demandes d’asile, qui ont atteint 1,14 million en 2023, soit leur plus haut niveau depuis 2016, selon l’Agence européenne pour l’asile. Les entrées «irrégulières» dans l’UE sont aussi en augmentation, à 380.000 en 2023, selon Frontex. Mercredi, les eurodéputés ont adopté, ce mercredi 10 avril, une réforme majeure de la politique migratoire de l’UE. Cette initiative, appelée «Pacte sur la migration et l’asile», renforce les contrôles frontaliers et instaure une solidarité entre États membres. Malgré le soutien global des principaux partis européens, cette réforme est critiquée par certains, notamment l’extrême droite, les Verts et une partie de la gauche. Elle est issue d’un compromis complexe sur un sujet longtemps controversé. Une série de législations est débattue lors d’une session plénière à Bruxelles, avec des préoccupations quant à l’issue du vote, tout en visant à finaliser la réforme avant les élections européennes. Lors d’une session plénière à Bruxelles, perturbée par des manifestations de militants des droits humains, les eurodéputés ont approuvé les dix textes constituant le «Pacte sur la migration et l’asile». Une procédure de «sélection» des migrants aux frontières de l’Europe est mise en place, impliquant des contrôles obligatoires d’identification et de sécurité pouvant durer jusqu’à sept jours. Les pays d’accueil doivent enregistrer les données biométriques et les documents d’identité des demandeurs d’asile dans la base de données Eurodac, désormais étendue aux enfants à partir de 06 ans. Des centres de rétention seront établis aux frontières pour les demandeurs d’asile provenant de pays où le taux de reconnaissance du statut de réfugié est statistiquement faible, comme le Maroc, la Tunisie et le Bangladesh. La mise en œuvre de la procédure pourrait impliquer une détention, mais selon Fabienne Keller, eurodéputée française et rapporteur de ce texte, d’autres mesures de restriction de liberté sont envisageables. La durée de la procédure aux frontières est de douze semaines pour l’examen de la demande, avec la possibilité d’ajouter douze semaines supplémentaires pour la procédure de renvoi, soit une période maximale de six mois au total. Cependant, l’efficacité des rrenvois reste incertaine en raison du refus fréquent des pays d’origine de réadmettre leurs ressortissants. Seuls environ 20 % des migrants en situation irrégulière faisant l’objet d’une obligation de quitter le territoire européen sont effectivement renvoyés. Pour tenter de remédier à cette situation, l’UE cherche à conclure des accords avec les pays d’origine. Quelque 161 organisations de défense des droits humains, dont Human Rights Watch, Amnesty International, l’International Rescue Committee, avaient appelé les eurodéputés à rejeter le Pacte, s’inquiétant des «détentions de familles avec enfants» et d’une «criminalisation» des exilés. «Le pacte tue, votez non», ont scandé pendant la séance quelques militants présents dans les tribunes de l’hémicycle.

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