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Migrants haïtiens expulsés. Joe Biden sous pression face à des images «ignobles»

Des expulsions «ignobles», une situation «bouleversante» ou un «désastre colossal»: les républicains mais aussi de grands noms démocrates du Congrès américain s’indignaient mardi de la gestion par le gouvernement Biden de l’arrivée soudaine de milliers de migrants haïtiens à la frontière sud des Etats-Unis. Des photos montrant des gardes-frontières à cheval en train de repousser des migrants, en utilisant parfois les rênes comme un lasso, près de Del Rio, au Texas, ont particulièrement choqué le pays, poussant le gouvernement démocrate à ouvrir une enquête. La vice-présidente Kamala Harris a jugé ces images «horribles» et affirmé devant des journalistes qu’elle soutenait ces investigations. «Des êtres humains ne devraient jamais être traités d’une telle façon et cela me préoccupe profondément.» Sur un cliché pris par un photographe employé par l’AFP, un agent à cheval attrape un homme par son tee-shirt. Sur une autre, il tient un groupe à distance en faisant tourner ses rênes, dans une posture menaçante. «Ces images vous donnent la nausée. Il faut que cela cesse, ce type de violence », a martelé le chef démocrate du Sénat américain, Chuck Schumer. Rarement aussi critique envers le président démocrate, il a exhorté Joe Biden à mettre fin immédiatement aux expulsions des migrants haïtiens et à revenir sur les règles sanitaires adoptées au début de la pandémie, en 2020, pour autoriser le refoulement immédiat de migrants. «Nous ne pouvons pas poursuivre ces politiques ignobles et xénophobes venant de Trump, qui ignorent nos lois sur les réfugiés», a-t-il lancé à propos de l’ex-président républicain. Jusqu’à 15.000 personnes, en majorité haïtiennes, se sont retrouvées massées la semaine dernière sous un pont près de la frontière à Del Rio dans ce grand Etat du Sud américain, sous la chaleur et dans des conditions très précaires. Plusieurs milliers de personnes ont déjà été sorties de ce camp improvisé, soit pour être transférées dans des centres de rétention, soit expulsées hors des Etats-Unis, a indiqué le ministre de la Sécurité intérieure Alejandro Mayorkas lors d’une audition au Sénat. «Ils sont moins de 10.000 aujourd’hui», a-t-il précisé. «Nous avons augmenté le nombre de vols d’expulsion vers Haïti et d’autres pays tiers», a-t-il encore dit, en assurant «avoir un plan et le mettre en œuvre». Mais ces vols vers Haïti indignent certains démocrates. «Une telle décision va à l’encontre du sens commun» et de «la décence», s’est insurgé Chuck Schumer, en soulignant que les conditions difficiles à Haïti faisaient que le pays ne pouvait «pas les recevoir». Aux troubles politiques et à l’insécurité qui agitaient déjà Haïti s’est ajouté en août un séisme meurtrier qui a ravagé le sud-ouest de l’île, tuant plus de 2.200 habitants.

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