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Les parents d’élèves des trois cycles expriment leurs inquiétudes. La Fédération accuse les directeurs

Le manuel scolaire de l’élève fait parler de lui après deux semaines de la nouvelle rentrée scolaire. On consent à admettre que les pénuries de manuels scolaires, corvée de nécessiteux, sont d’actualité durant chaque rentrée scolaire en Algérie. Tout compte fait, chaque année ce manuel scolaire est distribué aux pauvres à titre gracieux avoisinant plus de 7 millions de livres et manuels. Soit une vraie tire financière que dépense l’Etat aux familles au revenu modeste ou sans. Ce qui explique en fait que ces « pénuries » sont sans cesse démenties par les responsables du secteur qui assurent pourtant que « les manuels et le livre scolaire sont disponibles en quantité ». Pour cette année, le ministère de l’Education a mis le paquet. Plus de 80 millions de livres sont produits pour les trois cycles de l’enseignement, soit un nouveau record. Le ministre de l’Education nationale avait, il y a quelques jours, assuré qu’il n’existe pas de « pénurie » puisque la distribution des manuels scolaires, selon lui, a débuté en janvier dernier. De même que l’Office national des publications scolaires s’est rangé du côté des propos du ministre, affirmant qu’ils sont disponibles en quantité dépassant largement la demande. Alors où se trouve la faille ?
Et pourquoi des parents d’élèves insistent-ils en déplorant ce manque de manuels dans certains établissements scolaires du pays ? Il est évident qu’entre disponibilité et vente désordonnée par certains établissements éducatifs, notamment ceux du primaire, le manuel scolaire reste l’otage de certaines «pratiques» qui ont « la peau dure», selon les propos des parents d’élèves des wilayas qui enregistrent une demande accrue sur le manuel, le livre outil indispensable de l’élève sans quoi ce dernier ne peut progresser dans son cursus. Parmi ces pratiques, les ventes informelles des livres. Pourtant, on répète à chaque fois que l’école est la structure adéquate et unique d’ailleurs pour la vente du manuel scolaire. L’Office national des publications vient une nouvelle fois de réagir face aux inquiétudes manifestées par les parents d’élèves. Les manuels scolaires sont disponibles et en quantités « dépassant même la demande » pour l’année scolaire 2021-2022, a-t-il en effet rassuré. Les parents d’élèves, eux, se sont plaint du manque d’organisation dans la distribution des livres, craignant un retard dans l’apprentissage de leurs enfants. Joignant ses propos par les chiffres, le Directeur général adjoint chargé de la Communication à l’ONPS, Yacine Mira, a indiqué que « le manuel scolaire est disponible en grandes quantités », soit plus de 80 millions de manuels pour les trois cycles d’enseignement (primaire, moyen et secondaire), sans compter les 40.690 livres en braille destinés aux élèves non-voyants, y compris les livres scientifiques ». « 74 millions de manuels scolaires sont, actuellement, disponibles au niveau des établissements éducatifs, un nombre dépassant de loin les besoins du secteur », a ajouté le même responsable. Il a rappelé, à cette occasion, le lancement, le 18 janvier dernier, de l’opération de distribution du manuel scolaire à travers 53 centres de distribution des documents pédagogiques à l’échelle nationale, outre 4 centres régionaux. M.Mira a indiqué que l’école était « la structure pédagogique la plus adéquate » pour la vente du manuel scolaire et le respect de sa gratuité. Il explique « les quelques perturbations enregistrées » dans la distribution par « le refus de la vente de cet outil indispensable par certains établissements ». Il a ajouté, en outre, que les syndicats avaient accompagné, la semaine dernière, l’opération de vente du manuel scolaire, ce qui a favorisé l’accès de l’élève à cet outil. Dans l’objectif de faciliter la vente, l’Office a introduit de « nouveaux mécanismes » dans le cadre des mesures préventives visant à limiter la propagation du Coronavirus. A cet égard, « 1.258 librairies, 600 points de vente et 55 expositions ont été accrédités, à ce jour », a-t-il indiqué. Il ajoute que l’opération de vente des manuels a commencé au niveau des librairies, à partir du 20 août dernier. « C’est pour la première fois que nous recourrons aux boutiques en ligne (vente et livraison) », a-t-il révélé, ajoutant que « le taux de couverture a atteint 36 wilayas, contre un montant symbolique payé par le parent d’élève, estimé à 150 dinars pour tous les manuels livrés par ces magasins ». Selon la même source, ces mécanismes, notamment les librairies privées, les expositions et les boutiques en ligne, ont contribué à « réduire la pression », mais « ne remplacent pas l’établissement d’enseignement, qui est la structure la plus efficace pour la vente des manuels scolaires ». Après avoir rappelé que la vente des manuels scolaires était en cours, il a indiqué que l’opération de distribution aux établissements scolaires avait commencé en mars dernier avant de procéder à leur vente à l’issue des examens nationaux. L’opération de vente a été reprise à partir de septembre dernier, juste après les vacances d’été. Concernant les non-voyants, M. Mira a fait savoir que le manuel scientifique était inclus pour la première fois au profit des élèves d’enseignement secondaire, expliquant que les livres de physique, de mathématiques et de sciences naturelles étaient imprimés en Braille, avec l’inclusion d’illustrations en reliefs imprimés en 3D afin que l’élève non-voyant puisse acquérir des connaissances à l’instar de ses camarades. Lors d’une tournée effectuée par l’APS au niveau de certaines librairies privées et points de vente relevant de l’Office national des publications scolaires (ONPS), les parents d’élèves se plaignent, cette année encore, des difficultés à disposer normalement des livres scolaires sur le marché, notamment pour les livres du cycle primaire. Sur le terrain, les librairies et les points de vente sont pris d’assaut sans pouvoir répondre convenablement à la demande. Mme Nesrine, qui était à la file d’attente devant le point de vente des manuels scolaires relevant de l’ONPS, a souligné la grande difficulté rencontrée pour l’achat de manuels à ses enfants écoliers, et ce, en raison du refus de l’école de vendre les manuels aux élèves depuis le début de l’année scolaire. Pour sa part, Mme Habiba a exprimé son mécontentement dans ce sens, notamment pour le manque de manuels d’activité des élèves du cycle primaire, soulignant que ces enfants n’avaient pas commencé les cours en raison de ce « problème ». La vente des manuels devrait se dérouler au niveau des établissements éducatifs initialement, en cas de rupture de stock, les parents d’élèves devraient se diriger vers les librairies et non pas le contraire, a-t-elle affirmé. La présidente de la Fédération nationale des associations des parents d’élèves, Djamila Khiar, a imputé « la crise » du manuel scolaire au « refus de certains directeurs d’établissements scolaires de vendre cet outil pédagogiques dans les écoles, soulignant que « les manuels sont disponibles et qu’il n’existe aucune pénurie ». De son côté, le Secrétaire général du Syndicat autonome des travailleurs de l’éducation et de la formation (SATEF), Boualem Amoura, a suggéré la vente des manuels scolaires en fin d’année, en concomitance avec les inscriptions scolaires, et ce, dans le souci de garantir l’accès du manuel à l’élève avant le début de la nouvelle année scolaire. M.Amoura a rappelé que cette instabilité est due au « refus » de certains directeurs d’établissements éducatifs et économes des collèges et lycées de vendre les manuels scolaires, appelant à l’impératif pour les établissements de superviser cette opération et créer « une prime de vente du manuel » incluse en tant que budget supplémentaire au budget accordé aux établissements éducatifs.

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