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Les enjeux de la Darija…

La Darija ou l’Algérien ou encore le dialecte algérien est au centre de débats. Certains œuvrent à la « moderniser » pour l’introduire dans l’enseignement de la «maternelle» ou les premières classes du primaire, pour éviter le «choc linguistique» à l’enfant. D’autres voudraient l’adopter comme «langue nationale» et l’introduire dans l’écrit et comme langue «artistique», soit une langue de théâtre ou autre. Le débat ne date pas d’aujourd’hui. A l’époque de l’épopée du théâtre algérien où des voix s’élevaient pour adopter la langue arabe dite classique comme langue de théâtre, feu Alloula ne cessait de répéter que la langue du théâtre devrait être comprise de l’Est à l’Ouest, du Nord au Sud de l’Algérie où il faudra « travailler» et «ciseler» les mots de notre langue parlée quotidiennement. A cette époque, beaucoup d’artistes faisaient référence à la langue des ?gyptiens usitée dans les films et autres œuvres artistiques qui n’a choqué aucune société. Des universitaires, réunis à la maison de la culture de Béjaïa, en guise de célébration de la Journée mondiale des langues maternelles, ont mis l’accent sur l’intérêt de communiquer avec les enfants dans leurs langues originelles, non seulement dans un souci de préservation et de sauvegarde de leur culture identitaire mais aussi pour leur développement. «La langue maternelle, c’est la base de la construction de l’identité culturelle de l’enfant. Elle participe au même titre que l’épanouissement de l’affect et le développement psychomoteur, à l’essor et à la consolidation de sa personnalité », soulignera Riyad Bekkaoui, spécialisé en psychologie clinique, mettant en cause ainsi et de ce fait, la multiplicité de l’apprentissage simultané des langues à la base, qui, notera-t-il, « n’est pas sans risque d’instabilité». Aussi, il n’a pas manqué de mettre en évidence la responsabilité parentale dans sa façon de gérer l‘apprentissage des langues mais aussi dans la prééminence du choix à faire, notamment en terme de place à leur accorder. Kamel Medjdoub, chercheur au centre national de Recherche en langue et culture de Bejaia, a insisté sur l’impérative nécessité de prioriser la langue maternelle ou vernaculaire car au-delà de tout autre considération, justifie-t-il, « il y va de la survie de la langue et de la culture qu’elle véhicule ». Evoquant des chiffres de l’Unesco, Medjdoub, révélera qu’il existe actuellement 6.700 langues à travers le monde et que «toutes les deux semaines, une langue disparait ». A ce rythme, dira-t-il, 1.600 langues vivent sous la menace de disparaître dont 32 passeront à la trappe avant la fin de l’année. La pluralité des langues parlées en Algérie constitue la première richesse d’une population pouvant pratiquer au moins trois langues selon les besoins d’expression et faisant preuve dans cet usage partagé d’une inventivité toujours renouvelée. Les réseaux sociaux ont permis de valoriser les langues parlées et, certainement, à leur préservation et développement. Un débat devrait être lancé pour une valorisation de toutes les expériences sur la Darija.

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