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Lecture sereine de «Youmma et les incertitudes de la vie»

De Ahmed Saïfi Benziane

Paru dans sa première édition en 2016, l’ouvrage récemment publié par les éditions HAYA, et signé par Ahmed Saïfi Benziane, avait fait l’objet d’une lecture critique de la part de Azri Ghaouti, homme de théâtre et anciennement directeur du TRO.
Il vient de nous livrer ses impressions ressenties en 2016 déjà, en toute objectivité avec le regard d’un homme habitué à la scène. De quelques impressions sur la lecture de «Youmma» d’Ahmed Saïfi Benziane. Tout d’abord, je tiens à féliciter Sid Ahmed: comme je l’ai toujours appelé, pour cette œuvre que je trouve intéressante à plus d’un titre. Parce qu’il a eu le courage et la détermination de commettre cet acte de création, ensuite parce qu’il a le mérite d’y aborder un sujet tabou que seuls les esprits généreux peuvent traiter.
Une histoire simple mais combien chargée de sens, s’est offerte ma lecture. Je l’ai fait d’une traite. J’ai aimé. Il y a cependant quelques petites remarques que je relève. Des erreurs de frappe se sont glissées, sans gravité. Aissa est un héros neutre, il n’est pas auteur de l’histoire, il en est le produit et l’a subie presque docilement. En a-t-il le choix ? Aissa est une espèce de personnage passeur de héros. Le fond de la thématique est conjugué au passé.
Les deux héros Abed et Suzanne ont terminé leur tâche héroïque, en affrontant des difficultés insurmontables. Ils ont osé s’aimer, aller jusqu’au bout de leur passion, briser les freins de deux religions. Suzanne a été courageusement responsable de son acte jusqu’à la meurtrissure de la séparation d’avec le fruit de son amour. Elle est morte en perdant son identité, sans l’espoir d’en acquérir une autre ; mais surtout, elle est forcée de se séparer de son fils pour rester dans les apparences et l’acceptable. Suzanne aurait mérité une plus grande place dans le roman car c’est en fait, elle, la véritable héroïne par les sacrifices qu’elle concède pour vivre pleinement son amour avec Abed. Suzanne est un personnage de la tragédie grecque, tant son destin tragique est tracé dès lors où elle a décidé de tout laisser tomber pour son amour. C’est cet acte héroïque de Suzanne qui nous empoigne car il est dans la conjugaison du présent et s’inscrit en droite ligne avec l’actualité des peuples d’aujourd’hui. C’est vraiment dommage qu’il n’y ait pas de prolongement concret à la bravoure de Suzanne.
C’est également avec désappointement que j’ai pris la façon dont s’opère le déclic qui va mener Aissa vers la découverte de son passé. En effet, c’est par une hasardeuse rencontre avec une sorte d’apparition surnaturelle que tout s’enclenche. Comme s’il était indispensable de passer par un truchement irréel pour faire aboutir Aissa vers son réel passé ! Je pense que sans quitter le domaine du réel, il eût été possible de remonter vers la réalité historique des parents d’Aissa.

À propos Ghaouti Azri

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