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Le très néfaste exode rural

L’expression «exode rural» est devenue très simpliste sur toutes les bouches, à force d’usage. Or, ses conséquences sont gravissimes, du fait des problèmes complexes que ce phénomène pourrait engendrer dans une société. Notre avis est justifié par des faits réels que nous avons tous vécus dans notre pays et ce, depuis l’indépendance et les premières vagues de l’exode où des familles fuyant une misère «polyvalente», avaient trouvé des occasions propices pour le travail, la scolarisation des enfants et d’autres opportunités inexistantes au douar d’origine. Toutefois et avec le temps, cet exode était devenu insupportable voire nuisible pour les villes d’accueil, quand les capacités d’accueil avaient atteint l’excès irraisonnable. A l’époque du président Boumediene et son option socialiste, l’on avait pensé à bâtir des villages agricoles socialistes. L’on projetait de construire mille villages – oui bien lire mille villages- C’était la seule façon de maintenir les populations auprès de leur agriculture et leur élevage. Parce que l’autre aspect nocif de l’exode, c’était le fait que ces candidats à l’exode étaient en effet des agriculteurs qui vont quitter leurs champs, cela ferait une perte pour l’économie, notamment, quand l’acte va se propager et deviendrait phénoménal. Hélas, le rêve de Boumediene a été enterré avant lui… La deuxième vague de l’exode rural massif a eu lieu, dans les années 1990, suite au déclenchement en Algérie du terrorisme sanguinaire. Des milliers de familles s’installaient dans les lisières des villes, dans des taudis et des constructions illicites, fuyant les carnages et les longs couteaux des groupuscules terroristes. Cette peur est devenue une réalité vécue quand les forces du mal se sont attaquées réellement à des paysans des villages reculés dans les montagnes. En parlant de l’exode, les «moches tissus urbains» des constructions illicites qui viennent renforcer l’éternel problème du logement, ne sont pas, à vrai dire, l’unique conséquence néfaste. Il y a des fléaux qui s’y installent aussitôt, comme la prostitution, le trafic de drogue, les associations de malfaiteurs, le piquage illicite et dangereux de l’énergie électrique ainsi que les surcharges dans les établissements scolaires de proximité. Pour raser les constructions illicites, afin de sauver le paysage urbain de sa mocheté, il faudrait donc bâtir des logements avec les conditions d’une vie saine. Cette solution va entraîner que les autres ayants-droit vont trouver des problèmes afin de bénéficier d’un logement. Le hic, c’est que pour satisfaire tout le monde, les anciens et les débarqués, l’Etat est appelé à redoubler d’efforts et à y investir plus d’argent… et à solutionner plus de problèmes…

À propos Abdelkader Benabdellah

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