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Le spectre de la famine…

Avec la guerre en Ukraine, les exportations de blé sont bloquées. La Russie est le 1er exportateur de blé dans le monde. Avec l’Ukraine, ils représentent, à deux, un quart du commerce mondial et sont appelés «le grenier à blé de la Méditerranée». Le Programme alimentaire mondial «PAM» des Nations Unies prévient que des millions de personnes dans les pays en développement et les zones de conflit seront au bord de la famine, en raison de l’invasion russe en Ukraine, l’un des plus grands pays exportateurs de blé au monde. En Ukraine, «les bateaux sont à quai, chargés, mais ne peuvent pas circuler», explique Caroline Dufy, maître de conférences à Sciences Po Bordeaux. En raison des sanctions occidentales contre la Russie, le blé russe ne peut pas être vendu. Jeudi 10 mars, la tonne de blé coûte plus de 400 euros, quand son prix était de 275 euros en janvier 2022. La situation pourrait avoir des répercussions dangereuses dans certains pays d’Afrique du Nord, à l’image de l’Egypte dont 80% des importations de blé dépendent de l’Ukraine et la Russie. L’inflation annuelle a atteint 10% en février en Egypte, au plus haut depuis mi-2019, selon l’Agence nationale des statistiques «CAPMAS», alors que la guerre en Ukraine fait flamber les prix à travers le monde. La guerre en Ukraine précipite depuis deux semaines les prix de l’agroalimentaire, de l’énergie et des matières premières à des niveaux record. Ces deux pays assurent environ un tiers des importations mondiales de blé dont l’?gypte est le premier importateur au monde. «Vu la dépendance de ses importations de céréales [blé dur, blé tendre, orge, etc.] et la flambée sans précédent des cours de pétrole, la Tunisie est obligée de trouver d’autres formules d’auto-immunité face aux potentielles répercussions néfastes du conflit en Ukraine, l’un des principaux fournisseurs de la Tunisie». La mise en garde est de l’Institut arabe des chefs d’entreprises (IACE), relayée par «Le Point». Dans un rapport intitulé «La guerre en Ukraine: impacts et mesures à prendre» présenté mercredi 9 mars, à Tunis, l’IACE a appelé le gouvernement tunisien à mettre en place une cellule de crise pour déterminer les options à entreprendre d’urgence en matière de diversification de sources d’approvisionnement en céréales. Pour l’IACE, le problème qui se pose actuellement, est la dépendance des importations céréalières, mais surtout un risque de solvabilité élevé. En effet, la Tunisie importe 84% de ses besoins en blé tendre, pas moins de 40% de ces besoins en blé dur et 50% pour l’orge. Et il faut souligner que les capacités de stockage du pays sont limitées à trois mois seulement. Le ministre français de l’Agriculture et de l’Alimentation, Julien Denormandie, a tiré la sonnette d’alarme mardi. «Sur le pourtour méditerranéen, énormément de pays dépendent des exportations de blé, russes ou ukrainiennes», a-t-il souligné sur CNews, ajoutant que ces ?tats subissent en plus «une terrible sécheresse». Le ministre a ainsi dit craindre «une crise alimentaire mondiale dans les 12 à 18 mois». L’agence humanitaire PAM demande donc au Canada et à d’autres grands exportateurs de blé d’ouvrir leurs silos pour combler de toute urgence la pénurie qui, selon le PAM, pourrait entraîner la famine de millions de personnes dans des pays, comme l’?thiopie, le Yémen et le Soudan. Le programme des Nations Unies et de nombreux pays en développement dont le Liban et le Bangladesh, dépendent de l’Ukraine, connue sous le surnom de grenier de l’Europe, pour leur approvisionnement en blé.

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