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Le professeur s’est éteint le 05 octobre. Aziz Tadjeddine plus grand que grand

Le professeur Tadjeddine Abdelaziz, «Aziz» pour les proches amis et parents, vient de nous quitter un 5 Octobre. Tout un symbole. Avant d’être professeur de médecine préventive, il était d’abord médecin avec toute l’humanité qui accompagne sa fonction. C’est ce qui explique en grande partie ses engagements une vie durant au profit des causes nationales et internationales. D’abord le planning familial, un sujet tabou en ses débuts et qui consiste à espacer les naissances pour constituer un repos pour l’organisme de la mère et pour le nouveau-né tout en favorisant un entretien particulier soutenu de santé par la mère. Qui osait en parler après la démission des institutions étatiques face à la pression islamiste qui interdisait tout débat sur cette question? Aziz prendra en 2003 son bâton de pèlerin pour réaliser une étude intitulée «Etat des lieux de la gamme de santé de la reproduction» commandée conjointement par le PNUD et le Ministère de la Santé. Un état des lieux concernant le dépistage et la prise en charge des cancers du sein et du col, le suivi de la grossesse et des soins néonatals dans les wilayas de Aïn Témouchent, Tiaret, Djelfa, Béjaïa, Jijel, Sétif, Béchar, Oran et Alger. Il fera un constat amer dont les recommandations ne sont que très faiblement prises en charge. C’est ce qui explique ses colères répétées et sans ménagement envers les pouvoirs publics et les hauts fonctionnaires laxistes. Il prévenait dans une déclaration à un journal national que «nous sommes en présence de sages-femmes qui totalisent à elles seules plus d’un siècle d’expérience. Elles sont en situation de préretraite; toutes sont passées par les structures de protection maternelle et infantile (PMI) urbaines et rurales… (Leurs) conditions de travail sont difficiles du fait du nombre important d’accouchements et le manque de gynécologues, outre l’absence de structures appropriées». Le professeur Tadjeddine aimait se battre contre toutes les injustices. C’était même sa raison de vivre. De même, en tant que président l’Association de Protection Contre le Sida (APCS Hak El Wikaya) un autre sujet tabou que la société algérienne cache honteusement au moment où des cas de plus en plus nombreux souffrent de manque de prise en charge, de manque de médicaments ainsi que de l’exclusion. Il pilotera à ce propos une autre étude intitulée «étude de l’évaluation de l’accès aux droits à la santé reproductive des migrantes subsahariennes Oran et Béchar» où il alertera les autorités sur les risques du SIDA dans la communauté des migrants et leurs impacts sur la société. Son association défriche aussi des terrains aussi «non-dits» que l’homosexualité, les maisons de tolérances clandestines et l’usage dangereusement mortel des drogues dans ces milieux. Il organise un réseau de collectes des données qu’il transmet aux autorités sanitaires et qui reste souvent mal instrumentées. Il était homme d’action qui refusait de baisser les bras. Expert international reconnu en Afrique et ailleurs, cet enfant d’El-Bayadh qu’il chérissait tant, vient de nous quitter après avoir lutté contre la maladie dix jours durant. Son cœur a lâché, le nôtre le garde respectueusement avec toute sa grandeur.

À propos Ahmed Saifi Benziane

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