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Le parachutage du Commissaire du festival est hasardeux pour l’avenir du théâtre

Par D.Brahim

Mostaganem, ville de culture reconnue et consacrée au niveau national, abrite un Festival de théâtre qui en soi, est une histoire flamboyante de l’épopée de tout le peuple algérien. Il faudrait savoir, en effet, que cette manifestation a été créée par des scouts, formateurs labellisés d’un nationalisme qui a fourni à la lutte pour l’indépendance des dizaines de jeunes hommes vaillants et déterminés. Ce festival, conçu comme une rencontre festive d’une jeunesse qui y apprend à se reconnaître, lie des liens amicaux avec des jeunes venus de l’autre bout du pays, une cohue juvénile qui se construit sur les planches, une autonomie psychologique et des amitiés comme seuls savent le faire les adolescents. La preuve de sa nécessité est incontestablement sa longévité: il tient depuis plus de cinquante ans et reste pour des centaines de jeunes, un jalon de leur insertion sociale, un démarrage de leur vie d’adulte, un souvenir inoubliable, une raison forte d’aimer son pays : l’Algérie. Si l’on observe les thèmes abordés par ces troupes où le brillant côtoie le laborieux, voire le médiocre, on se rend compte qu’au-delà de l’évidente formation artistique qu’a toujours été cette rencontre, c’est la dynamique d’une jeunesse en débat avec sa culture, en quête d’un savoir, ouvrant sur tous les autres. Car savoir parler à un auditoire, connaître les histoires et les mythes, forment la conscience citoyenne, le futur enseignant, le père de famille ou le responsable administratif ou politique. Le théâtre mène à tout, pourvu qu’on s’y prenne à ce qui semble être un jeu. Le théâtre, c’est le jeu de la vie. Beaucoup se sont forgés des caractères, sont devenus des universitaires réputés, des hauts fonctionnaires respectés ou des citoyens éclairés. Arrivé à une certaine maturité, la rencontre à la bonne franquette est inscrite au gotha culturel national et des commissaires se sont succédé. La postérité a retenu certains: Benabdelhalim le fondateur et le visionnaire, Djamel Bensaber qui a dynamisé le côté technique, donné une dimension internationale, Kriri, Bouzidi, Akeb, Benmohamed, Nouari la cheville ouvrière et d’autres encore. Parmi le florilège, un seul a laissé une tache déshonorante par sa conduite et une ardoise de plusieurs centaines de millions de centimes, Takired. Nous apprenons avec consternation que faisant un siège acharné du ministère, il est en voie d’être renommé à un poste pour plus avilir le théâtre et plus enfoncer notre ville et notre jeunesse nationale dans l’irréversible médiocrité entachée de gestion douteuse et d’un déni de cet art qui enorgueillit notre pays au lendemain de l’indépendance quand des Mostaganémois jouaient «132 ans» devant un florilège d’hommes politiques étrangers et imposaient une image de culture qui fait honneur, un mot que ne connaît ni de près ni de loin, le candidat au commissariat du Festival, un individu louche, aux relations troubles et qui ne peut avoir le moindre lien avec la culture. Il est une insulte à notre culture mais aucunement un représentant de tant de jeunes, de tant de richesses symboliques.

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