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Le Carrefour de Saïda

Chronique ramadhanesque

Triste et morose, tel est le Ramadhan 2022. L’angoisse et la consternation des citoyens fuyant la flambée des prix, devenue us et coutume en pareille période. En ce premier jour du mois sacré, la majorité des commerces ont commencé à ouvrir leurs portes qu’aux environs de 9 heures 30 et c’est aussi l’heure de l’arrivée des bus et autres Karsans transportant des citoyens anonymes qui viennent faire leurs achats en ville. Une virée au semblant de marché de fruits et de légumes du centre-ville nous a montré que les produits connaissent une hausse vertigineuse et fortement ressentie. La pomme de terre est cédée à 120 DA alors que le poulet varie entre 420 et 450 DA. A vrai dire, certains achats sont inutiles mais ils ont pour origine la gourmandise. Il n’y a plus d’humanité dans le regard des gens. Il n’y a que le feu de l’envie qui dévore les estomacs et les esprits et pourtant, ce n’est que le premier jour du mois sacré, mois du Pardon, de Piété, d’Abstinence, de Tolérance et de Rahma. C’est en général la définition qu’on inculque aux Citoyens. Allez Bsaha Ramadenkoum !

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Saïda pleure l’un de ses premiers médecins. Dr Adda Hanifi, un homme aux grandes qualités humaines

Voila que les mots se dévoilent inutiles parce qu’éternellement plus faibles que la mort dès qu’on tente de parler du Dr Adda Hanifi qu’on vient de perdre. La nouvelle est tombée tel un couperet, vendredi dernier, au matin. L’information qui a vite fait le tour de la ville, a jeté émoi et consternation au sein de la population qui appréciait ses qualités humaines, sa compétence et son dynamisme. Alors, il apparait injuste, aux yeux de l’histoire, de ne pas évoquer l’un des valeureux fils de Saida et qui, aujourd’hui, partent l’un après l’autre dans l’anonymat. Médecin dès l’indépendance, il a côtoyé les Docteurs Djebbari Abdelkrim, Nekkache (Allah yarhamhoum), Korn et Stephanini. Parler de toi, Dr Krimou Hanifi au passé, nous est pénible mais malheureusement, il faut nous résigner car la volonté divine en a décidé ainsi. Ami de la presse, il a été tout le temps à l’écoute des personnes qui venaient le voir pour une consultation médicale. Avenant, courtois, disponible à souhait, il était très estimé de la population et respecté par les autorités locales. Il a été inhumé, vendredi dernier, après la prière D’hor en présence d’une foule nombreuse. Repose-toi, Dr Hanifi, ne t’en fait pas, nous ferons tous le même voyage eternel !

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Daïra de Saïda. Est-elle un service public efficace?

Telle est la question qui taraude les esprits ici à Saida depuis qu’elle s’est impliquée dans la distribution des logements sociaux. Cette entité administrative, déconcentrée de l’Etat, relais entre l’exécutif de wilaya et la commune, a en principe une mission principale d’animer, de coordonner l’exécution des projets communaux. Mais qu’en est-il de la daïra de Saida qui n’est pas en odeur de Sainteté avec les élus de l’Assemblée Communale de Saida où une simple correspondance échangée entre la base et le sommet doit transiter par cette tutelle considérée comme une boite postale entre la wilaya et la commune. La wilaya de Saida compte 06 chefs de daïra, les uns profitent de leurs élus tétanisés par les dures réalités du terrain et les autres profitent de l’ignorance de leurs élus qui sont placés sous leur tutelle. Et parmi ces élus, il y a ceux qui veulent s’impliquer ni en bien ni en mal. Au fait, les dispositions fixées par le décret 88/131 du 4 Juillet 1988 – régissant les rapports entre l’administrateur et l’administré – sont-elles toujours en vigueur à Saida? A moins que les chefs de daïra ignorent l’existence du décret précité, nous dira un ex-wali en retraite.

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Une session de l’APW consacrée à l’habitat. Faible réalisation et demande accrue

Mardi dernier, les 39 élus de l’APW se sont réunis, au siège de la salle des délibérations de la wilaya, pour passer au peigne fin les différents programmes d’habitat, tous types confondus. Cette session ordinaire intervient à un moment où la demande n’a jamais été aussi pressante malgré des sommes colossales allouées à ce secteur qui, faut-il le dire, traîne le boulet du forçat. Les demandeurs de logements sont en droit de se poser des questions quant aux vraies raisons qui empêchent pour le moins, un début de solution à cette situation que dénoncent des milliers de familles et toutes sont à la recherche d’un toit, pour certaines d’entre-elles depuis de longues années. Des multiples mouvements de protestation ont été enregistrés ces derniers jours aussi bien au chef-lieu de wilaya qu’à travers les autres communes où il y a eu l’affichage des listes de bénéficiaires de logements. Des dizaines de familles citadines habitent dans des conditions précaires dans une ville qui leur tourne, aujourd’hui, le dos. Elles y ont vu naître et grandir leurs enfants ou pour certains fonder des foyers. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, les familles de souche et enfants de la ville qui sont dans le besoin le plus pressant quant à l’acquisition enfin d’un « hypothétique » logement, demeurent jusqu’à l’heure actuelle, terrés dans de minuscules espaces qui sont loin de répondre à la moindre commodité ou règle d’hygiène la plus élémentaire. La raison? Elle est connue. Elle est peut-être la plus évidente de toutes. Aucune de ces familles respectables et connues pour leur appartenance à une certaine frange de la société, ne s’aventurerait, au grand jamais, à se bâtir une hideuse baraque, faite de résidus ferreux et de morceaux de madriers, rien que pour avoir accès un jour au privilège d’obtenir un logement, comme tous les citoyens qui se respectent. Leur statut d’honnêtes contribuables et leur rang parmi la population saidie ne leur permettant guère d’avoir pareille audace, ils laisseront inévitablement la chance aux squatteurs venus d’ailleurs… Et comme toujours, les Ouled bled sont toujours les derniers servis. Voila bien le triste constat qu’on est en droit de faire devant l’amère réalité de notre vécu à Saida, comme partout ailleurs dans le pays. La désolation est la même et toutes les appréhensions quant à des lendemains qui risquent de déchanter pour nos enfants, ne peuvent être que les nôtres. Nos responsables sont-ils au moins conscients de ce qui nous attend d’ici là ? On ne le croira jamais assez du fait que les choses sont encore, ce qu’elles étaient, il y a des décennies. «Mais oui», comme dirait l’autre, ce serait plutôt les retombées du vent qu’on a semé de nos propres mains.

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