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Le Carrefour de Mostaganem

Infrastructures au centre-ville. La ville ambitionne une meilleure image

Par Mohamed Krelifa

Nombreux sont les citoyens qui se manifestent à travers les différents réseaux sociaux et rêvent que leur centre-ville soit un cœur vivant et dynamique. Mostaganem va connaître un bouleversement dans des projets d’implantation d’infrastructures structurelles qui tournent autour du centre de la ville avec notamment: le tramway, le projet d’aménagement de l’oued Aïn Sefra en centre de détentes et de loisirs, une fois achevé, le circuit touristique, la restauration des monuments historiques, la réhabilitation des trois médinas Derb-Tabana-Tidjditt, la réhabilitation des anciens immeubles haussmanniens, la réhabilitation de la mosquée d’El Badr, le projet de zones piétonnières, le projet d’un grand parking qui jouxte l’oued Aïn Sefra, la restructuration des marchés couverts. Tous ces projets qui vont venir modifier la physionomie du centre-ville, sa morphologie et son fonctionnement, vont contraster fortement avec un urbanisme hérité du 19ème siècle. Pour se mettre en osmose avec ces projets, les élus de l’APC, soutenus par les élus de l’APW, doivent favoriser l’émergence d’une culture de l’anticipation de la gestion prévisible et de la planification maîtrisée. Pour que cette osmose se fasse, les élus de l’APC s’imposent à eux, la mise en place d’un système de management s’appuyant sur la performance. Le design urbain doit accorder à la ville et son centre, une importance particulière par des éléments qui visent non seulement à les rendre fonctionnelle mais surtout attrayante. Selon les urbanistes, la ligne du mobilier urbain se renouvelle tous les 10 à 15 ans. La wilaya, l’APW sont un écosystème en mesure de soutenir l’APC dans le cadre des PCD ou autres en vue d’intervenir globalement sur la silhouette urbaine à l’effet de lancer un vaste projet de lancement d’une ligne de mobiliers urbains. Ces actions peuvent déjà permettre un marquage immédiat de l’espace public. Les élus (es) de Mostaganem, ville du tourisme de surcroît, doivent répondre à ces tendances d’autant plus que dans un contexte de concurrences acharnées avec les autres villes côtières qui s’expriment entre autres par la recherche de l’excellence. En effet, la stratégie du développement touristique urbain doit être à la fois le résultat d’une politique visant à revaloriser le cadre de vie et le vivre ensemble. Il convient de souligner que l’esthétique du paysage urbain marque en premier lieu des espaces où le public est appelé à consommer: espaces de restaurants, de cafés, lieux de concentration de commerces, des zones piétonnes à prévoir pouvant devenir des centres commerciaux virtuels. Le centre-ville qui jouxte aussi les quartiers historiques du Derb et Tabana, à forte concentration touristique, permettant de créer une ambiance dans laquelle le flâneur ou le touriste est incité à demeurer le plus longtemps possible, c’est-à-dire dans un environnement sécurisant, reposant et propre. Ainsi, les enjeux liés à des éléments d’habillage urbain dépassent la question de l’embellissement urbain, les motivations liées à l’esthétique de la ville doivent répondre à de différents objectifs d’ordre économique (inciter à la consommation), politique (faire valoir une image politique d’une ville émergente). Il n’est pas exagéré de dire que l’émergence de nouveaux paysages nocturnes aura une manière totalement inédite pour la ville et son centre. L’esthétique nous est attribuée par un nouveau visage le long des lignes du tramway, élément structurant qui s’est mis en place comme un «nouveau salon». Matériaux de qualité déployés sur toute la longueur des parcours (différents types de granit dans des tons variés, ponctués d’éléments de mobiliers urbains créés sur mesure, abris bien agencés en matériaux métalliques nobles, bornes posées pour tracer les parcours. Voila que ce projet instaure de lui-même une nouvelle esthétique paysagère. Auquel il faudra continuer à promouvoir la réalisation du design et dans l’esthétique selon les critères et les objectifs cités ci-avant. Il appartient à présent aux élus de préciser pour leur ville et son centre la manière dont le design urbain doit être pris en compte. Un chantier important attend donc nos élus (es) pour faire de la ville et son centre la perle de Mostaganem.

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Incivisme. La loi revendique sa stricte application 

Par: Charef Kassous 

Quelquefois, à Mostaganem, on se croirait être au dessus de la loi. Dans cette cité, on fait tellement de choses illicites, pas réglementaires du tout, sans se soucier des conséquences. Ici comme ailleurs, il n’y a pas de vide juridique, il y a plutôt l’insouciance de l’ordre public. Il est inadmissible que des individus inconscients adoptent des comportements portant préjudice aux citoyens comme ces chefs d’entreprise qui érigent des chantiers, qui barrent des voies d’accès, qui installent dangereusement des grues quelquefois avec des contrepoids menaçants, qui placent des barricades, des haies de chantier et qui bloquent des ruelles par des chaînes. A Mostaganem, on a banalisé les interdits. Ceux qui enfreignent la loi et les règlements, sont de plus en plus nombreux et cela semble être normal. Dans cette capitale de wilaya, on observe tous les jours des comportements d’incivisme désolants. A Mostaganem, on occupe les trottoirs, on bloque les arcades aux passants et on les renvoie sur la chaussée, on se branche illicitement sur les poteaux d’éclairage public, on stationne sur les trottoirs, on empêche le stationnement réglementé en réservant l’espace par des caisses de limonades, par des cônes ou par n’importe quel objet, on occupe les arcades obstruant le passage des piétons etc…. A l’intérieur des marchés, on étend les stands sur les allées destinées aux clients, on squatte les bâtisses des administrations désaffectées, bref, on stationne sur les ronds-points des voies à grande vitesse exposant les automobilistes au péril… Dans cette ville qui aspire à un rang touristique, il se passe des choses révoltantes. On pille le mobilier urbain dans un mutisme insupportable. On vole des portes d’entrée en métal des bâtiments, des mosquées, on arrache des plaques de signalisation et des couvercles d’avaloir, de vannes, on pille tout ce qui est vendable… C’est incroyable, ce qui se passe à Mostaganem. Le transport en commun est désordonné et provoque le chaos dans certains points du tissu urbain de Mostaganem. Beaucoup de bus de transport en commun ne devraient plus circuler si la loi s’appliquait. Des bus délabrés, trop vétustes, avec une carrosserie tout abîmée, sans feux de signalisation, continuent de circuler, mettant la vie des passagers en péril…et les statistiques d’accidents de bus le témoignent bel et bien. Ces nouveaux élus de l’APC semblent être frappés de cécité. Personne ne voit rien mais surtout fait semblant de ne rien voir. Où va-t-on avec la clochardisation d’une capitale qui ne revendique que l’application de la loi, ni plus ni moins. A Mostaganem, on se permet tout et on fait semblant d’ignorer la loi. Le comble, ce n’est pas ces comportements extravagants qui exaspèrent mais c’est plutôt l’indifférence de ceux qui sont censés être responsables et faire appliquer la loi qui n’est pas du tout compréhensible. Enfin, pour mettre fin à cette anarchie, la télésurveillance est le seul rempart.

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Kheira Sebsadjia. Une grande dame de la poésie populaire

Par Mansour Benchehida

C’est le patrimoine culturel qui valut à notre peuple de ne pas disparaître sous le travail de sape et d’éradication du colonialisme. C’est à travers le «chir melhoun» que se perpétua notre mémoire collective, notre spécificité et donc une démarcation substantielle qui nous permit de se conserver en opposition à l’autre, envahisseur puissant. Parmi les grandes figures de cette poésie populaire et à côté d’illustres personnalités comme Sidi Lakhdar, Bentobdji, Benmesaïb, Bouras ou Benriki, Benguenoun ou Ennadjar, n’oublions une des rares femmes qui fut de cette mouvance. Son cas est d’autant plus intéressant qu’il s’agissait d’une artiste qui ne savait ni lire ni écrire mais qui possédait l’art de la parole et la mémoire nécessaire à ce genre de prouesse. Elle s’isolait à Sidi Mazouz, le cimetière de Tigditt et méditait des jours avant d’énoncer un poème. Son éloquence faisait de la langue populaire, l’arabe algérien parlé par tous, une langue pleine d’images, de lyrisme et de poétique, elle la transformait en langue littéraire. Kheira Benzohra épouse Sebsadji, connue sous le nom de Essebsadjiaa, vécut à Mostaganem où elle décéda en 1936. Elle fut enterrée à Tigditt dans un maqam de Sidi Abdelkader qui était son domicile, situé au bout de la rue 26. C’est une Mostaganémoise que beaucoup prennent pour oranaise car elle allait souvent rendre visite à un unique frère qui habitait Oran. Elle a laissé trois filles et deux fils dont l’inoubliable Ammi H’mida, lui-même véritable mémoire mostaganémoise. Avec Sebsadjia, nous sommes totalement dans l’oralité. Cette expression qui constitue la majeure partie de notre richesse culturelle, comporte un risque important d’altération et de disparition des textes. Donc, Sebsadjia qui n’a jamais cessé de proférer des d’innombrables dires d’une tenue linguistique qu’il trouvait naturellement leur place, dans une prise en charge toujours orale des femmes qui composaient son cercle, des meddahates qui gravitaient à Mostaganem entre les deux guerres mondiales. On a pu retrouver partiellement plutôt que totalement certains titres comme «Sidi Abdelkader», à ne pas confondre avec celui de Bentobdji dont le texte a connu la célébrité lorsqu’il a été repris les chanteurs de raï, «Moul el kaf», «Moul el meïda», «El Houari sidel melah», «Maamarazizaalia», «Doukardjani», «Lala Turkia» où elle cite son fils «talit ma ras el kef ou chet Hamida rassas» (j’ai regardé du sommet de la falaise et j’ai vu Hmida qui veille).

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