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Le blé, le nerf de la guerre

Aucun navire ne peut quitter les ports de la Mer noire. Les céréales, destinées aux marchés mondiaux, sont bloqués sur place par les différentes mesures de boycott internationales. La guerre a rayé ces deux puissances céréalières de la carte des plus grands exportateurs de la planète. «Plus rien ne quitte la mer Noire qui assure 30 % normalement des exportations de blé dans le monde», a déclaré jeudi le directeur du cabinet d’expertise céréalière Agritel, Michel Portier, comme relayé par le média «Les Echos». Les ports sont endommagés, les porte-conteneurs boycottent la zone, résultat les cours mondiaux n’en finissent plus de grimper. Jusqu’à atteindre 360 euros la tonne jeudi, et «on ne sait pas où cela va s’arrêter», a ajouté l’expert. «Ce qui se passe sur les marchés céréaliers, est complètement inédit», a-t-il affirmé. Notre pays ne peut échapper à cette règle. En attendant un accord de paix ou un cessez le feu, l’Algérie devra voir ailleurs pour importer le blé. D’après l’Agence «Ecofin», l’OAIC envisagerait d’autoriser à nouveau le blé français comme origine pour les livraisons de ce mois. Si dans la foulée des tensions diplomatiques entre les deux pays en octobre dernier, l’organisme avait attribué majoritairement ses appels d’offres aux fournisseurs de la mer Noire, le conflit entre la Russie et l’Ukraine change la donne. Et selon certains observateurs, d’après l’agence, le recours à la France comme source d’approvisionnement pourrait bien se maintenir à terme si le conflit dure. En janvier dernier, la France n’a pas expédié de blé vers l’Algérie, habituellement son principal débouché sur le continent africain. Il s’agit de la première fois en 10 ans que le pays d’Afrique du Nord ne reçoit aucune cargaison de la céréale en provenance de l’Hexagone tout un mois durant la campagne commerciale. Les prix mondiaux du blé n’échappent pas à l’augmentation générale alors que les investisseurs tentent de tenir compte de la forte baisse de l’offre en provenance de ces deux pays. Le prix à terme du blé à Chicago a augmenté de près de 40% au cours du mois dernier et a atteint son plus haut niveau en 14 ans, à 11,34 dollars le boisseau. La Russie et l’Ukraine représentent également 19% des exportations de maïs et 80% des exportations d’huile de tournesol, en concurrence avec l’huile de soja et l’huile de palme. A la guerre comme à la guerre, la Turquie privilégie ses intérêts même si Ankara hausse le ton. Pour la Turquie, il n’est pas question, pour le moment, de trouver d’autres fournisseurs de blé en dehors de la Russie. Tout en dénonçant fermement l’attaque contre l’Ukraine, la Turquie refuse de se joindre aux sanctions occidentales pour préserver ses relations avec la Russie et notamment ses intérêts économiques. Mais le conflit aura des effets sur l’économie turque déjà bien mal en point. Le pays s’inquiète notamment pour ses besoins en blé. L’Egypte est le pays le plus peuplé du monde arabe, avec plus de 100 millions d’habitants. C’est aussi le premier acheteur mondial de blé, très dépendant de ses importations de l’Ukraine et de la Russie. Dès la semaine dernière, le premier ministre égyptien a réuni son gouvernement pour discuter des répercussions économiques de la guerre en Ukraine. Selon le gouvernement, les stocks actuels permettent de tenir quatre mois. Si l’on y ajoute la récolte locale qui débutera au printemps : en tout, l’Egypte a du blé pour neuf mois. Mais l’Egypte devra aussi supporter la hausse des prix.

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