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Le blé, l’autre «char»!

Malgré la chute des prix du blé depuis cet été, les niveaux restent historiquement élevés. L’inflation, les conflits et le climat accentuent les risques. Depuis la guerre en Ukraine, les céréales, le pétrole et d’autres produits sont au cœur du conflit et leurs prix ont flambé. Les prix du blé, inférieur à 289 euros la tonne sur le marché européen jeudi, ont fondu de près de 50 % depuis mai dernier. Le tarif du blé, du tournesol et autres céréales est en mouvance complète depuis un an. On en revient toutefois à des tarifs d’avant-guerre en Ukraine. On est revenu approximativement aux tarifs d’avant-guerre même si, après des semaines de baisse des prix, les cours des céréales sont quelque peu remontés mi-janvier, ce rebond étant lié à des achats en hausse et sans doute aussi à des déclarations de Poutine, commente le journal belge «Le Soir». La tonne de blé meunier est passée voici 15 jours sous la barre des 290 euros, soit un niveau approchant les prix d’avant-guerre (275 euros en janvier 2022), avant une hausse vertigineuse pour atteindre 430 euros en mai 2022. Cependant, plusieurs sources laissent indiquer que les prix risquent de repartir à la hausse. Les surfaces semées ont diminué et la récolte de céréales et d’oléagineux en Ukraine devrait encore baisser en 2023, pour atteindre «53 millions de tonnes», contre 65 millions en 2022, selon les estimations de l’Association céréalière ukrainienne, relaie l’AFP. «Nous sommes en guerre. Nous continuons à produire des céréales mais les récoltes vont baisser. Pour les agriculteurs, ce n’est plus rentable de produire des céréales», a déclaré jeudi Nikolay Gorbachov, président de l’Ukrainian Grain association «UGA» lors d’une conférence sur les céréales organisée par Argus Media à Paris. Il a souligné que les agriculteurs ukrainiens ne retiraient en bout de chaîne que 80 dollars par tonne de maïs, alors que le grain jaune s’échange autour de 300 dollars sur les marchés, essentiellement du fait de la hausse considérable du coût du transport. Après les 106 millions de tonnes récoltées en 2021, un record historique, et une récolte estimée à environ 65 millions de tonnes pour 2022, il évalue à 53 millions de tonnes la production en 2023. Il s’est dit inquiet quant aux exportations de la prochaine campagne: «Pour la sécurité alimentaire nationale ukrainienne, ça ira. Mais si l’Ukraine ne peut pas exporter ces 40 ou 50 millions? Les prix vont augmenter. L’Europe peut se le permettre, mais pas les pays en développement». Alors que les prix des grains retrouvent globalement leurs niveaux d’avant-guerre, les prix des intrants demeurent très élevés. Les incertitudes sont aujourd’hui davantage liées à la macroéconomie «parité de l’euro-dollar, demande mondiale» et aux risques climatiques, notamment la sécheresse en Amérique du Sud liée à la persistance du phénomène climatique La Niña, qui dure depuis trois hivers. D’après le Conseil international des céréales, CIC, la Russie a produit 95,4 Mt de blé en 2022, alors que la moyenne sur cinq ans s’établissait à 78,2 Mt. Cette très bonne récolte explique pourquoi ce pays devrait être le premier exportateur mondial de blé tendre sur la campagne de commercialisation 2022-2023. Le CIC anticipe des exportations russes de 41,8 Mt, en hausse de 28 % par rapport à 2021-2022.

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