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Le blé dans l’incertitude!

Sur la place boursière Euronext, le cours de la tonne de blé est passé, lundi 20 mars, sous la barre des 250 euros, contre un plus haut historique de 438 euros. Si les investisseurs tablent sur un moindre appétit de l’économie, les greniers, eux, sont encore bien remplis, relève Laurence Girard, journaliste au « Monde ». En novembre 2022, il cotait 325 euros. En janvier 2023, il oscillait entre 280 et 285 euros, renouant avec son niveau d’avant la guerre russo-ukrainienne. Puis, la glissade s’est poursuivie. « Cette dégringolade est à mettre à l’actif des opérateurs financiers qui vendent leurs positions. Ils appuient sur le bouton face au risque de ralentissement de la croissance lié aux signes négatifs donnés par les banques », estime Arthur Portier, du cabinet Agritel. Les prix des céréales repartaient finalement à la hausse ce vendredi à la mi-séance sur Euronext, portés par la vive consolidation de l’eurodollar. Le marché a par ailleurs gagné en tension après des rumeurs évoquant une potentielle suspension de la Russie de ses exportations de blé et d’huile de tournesol. Le gouvernement russe envisage par ailleurs d’augmenter à 10 Mt le programme d’achats pour la constitution de ses stocks nationaux, contre 3 Mt l’an dernier, indique «Terre Net». Les cours du maïs se trouvent quant à eux renforcés par les nombreux achats chinois de maïs US ces derniers jours. La Bourse de commerce de Buenos Aires a de son côté réduit d’un point ses notations de maïs « bon à excellent» en Argentine, à 6 %, contre 31 % un an plus tôt. Pour rappel, la production du pays est anticipée à 36 Mt, en chute de 16 Mt sur un an, selon la même source. Les opérateurs des marchés agricoles ont réagi avec un mélange de soulagement et de déception suite à l’accord entre la Russie et l’Ukraine concernant la prolongation du corridor maritime. D’un côté, cette décision a rassuré les investisseurs, qui craignaient une rupture des échanges commerciaux entre les deux pays. D’un autre côté, la durée de ce prolongement, fixée à seulement 60 jours pour l’instant, a eu un impact sur la volatilité des prix. En effet, les marchés agricoles étant très sensibles aux variations de l’offre et de la demande, cette incertitude sur la durée de la prolongation a entraîné une certaine instabilité des prix. Les opérateurs du marché agricole sont donc dans l’attente d’une décision définitive quant à la durée du corridor maritime, qui permettra de stabiliser les prix et d’éviter une trop forte variation des échanges commerciaux entre la Russie et l’Ukraine, indique « WK Transport Logistique ». L’incertitude sur le corridor et surtout la baisse des cours ont incité les acheteurs à revenir plus tôt que prévu, relaye « WK Transport Logistique ». L’Arabie Saoudite, qui avait lancé un appel d’offre pour 480 000 tonnes de blé, a finalement acheté un million, en grande partie russe. L’Algérie a acheté 420 000 tonnes de blé et la Tunisie, 234 000 tonnes. Dans son bilan du mois de mars, FranceAgriMer indique qu’en 8 mois de campagne près de 12 millions de tonnes de blé tendre ont déjà été exportés principalement vers le Maroc, l’Algérie et l’Égypte.

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