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Le 19 mai: la révolution estudiantine

«ô France, le temps des reproches est passé et nous l’avons fermé comme le livre se plie» Moufdi Zakaria

A vrai dire, la révolution algérienne ayant abouti à la libération souveraine de l’Algérie, suite à un long et épineux parcours de résistance, n’était autre qu’une série de petites révolutions qui se succédaient, se ressourçaient et se complétaient. Parmi ces petites révolutions, il y avait celle des étudiants algériens universitaires et lycéens, le 19 mai 1956..Soit, à peu près, un an et demi après le déclenchement de la grande révolution libératrice algérienne et environ trois mois après la décision des chefs de la révolution à offrir aux travailleurs algériens leur propre syndicat : l’UGTA. Tous ces événements qui se sont succédé, en un laps de temps, avaient eu lieu pour un seul motif: donner des coups de force à la révolution qui commençait à envahir progressivement le terrain national et la scène internationale. Comment? C’était de faire comprendre à la force colonialiste qui faisait recours à tous les moyens licites et illicites, afin d’étouffer la révolution dans l’œuf, notamment en cassant la propagande française qui prétendait que cette insurrection n’était, en effet, qu’une petite manifestation armée de brigands hors-la-loi. Les manifestations estudiantines du 19 mai viennent au moment propice afin de dire au monde entier, en particulier les alliés occidentaux de la France à la traîne des médias colonialistes, que tout le peuple algérien se tiendrait aux pas cadencés de la révolution. C’est à partir de cette approche que vient l’importance de la manifestation des étudiants et lycéens algériens, ce mémorable jour du 19 mai, dont les étudiants n’ont pas caché leur soutien et leur appartenance à la révolution. D’ailleurs, plusieurs d’entre eux – hommes et femmes – avaient, tout de suite, rejoint les rangs de l’ALN. Nombreux sont ceux qui vont, dans les années à venir, tomber au champ d’honneur et pas mal d’entre eux vont également se mettre au service de la toute jeune Algérie libre et indépendante, en tant qu’hommes d’Etat, cadres et fonctionnaires. La force colonialiste qui voulait «isoler» la révolution par des campagnes de propagandes mensongères, la mobilisation des groupuscules d’algériens traîtres et l’institution des SAS, vont se trouver, elles-mêmes, isolées et dépassées par le temps et les événements. Le fiasco français était devenu un fait accompli, quand sept gouvernements se sont succédé, dans un temps éphémère, allant de 1954 à 1958, date de l’avènement de la Vème République et l’accès du général De Gaulle au «trône de la France». Par son esprit lucide, Ce dernier avait compris l’inutilité de faire face à un peuple qui avait décidé solennellement de ne plus faire marche arrière.

À propos Abdelkader Benabdellah

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