Accueil » Point de Vue » Le 08 mai 45, le jour d’un carnage historique

Le 08 mai 45, le jour d’un carnage historique

Le 8 mai 1945, le jour même où le monde triomphait de la barbarie, la France manquait à ses valeurs universelles» Président Hollande

Une même journée, deux événements majeurs marquaient l’actualité internationale : d’abord des occidentaux sortaient dans les rues en liesse pour avoir réussi un grand triomphe sur le nazisme et par la même occasion dans les coulisses, on était en train de préparer l’ordre mondial qui va faire suite à cette guerre mondiale atroce et meurtrière. Ensuite, en Algérie où un peuple désarmé, considéré par un fait accompli colonialiste, comme mort et enterré, était en train de faire une épopée qui va s’ajouter à une longue série d’héroïques révolutions et d’insurrections populaires. C’était sa façon de rappeler à la France ses engagements à l’égard du peuple algérien et son indépendance, pris juste après le déclenchement de la seconde guerre mondiale. Et, comme la France était un pays «sans valeurs», elle a tout de même osé manquer à ses «valeurs universelles»- pour reprendre l’expression de l’ex-Président français, François Hollande-. Remarque-t-on que le même Hollande traitait les actes des nazis pendant la seconde guerre mondiale et leurs alliés comme étant de la barbarie. C’était cet égocentrisme pathologique chez les colonialistes occidentaux, qui aurait hérité toute cette injustice internationale, camouflée par un faux humanisme, qui frappe aux yeux. En 1945, les actualités françaises présentaient les massacres de Sétif, Guelma et Kherrata comme de «regrettables incidents» relevant de l’«erreur d’un jour. Dans un pays se considérant comme une référence pour la démocratie et du coup, un grand donneur de leçons en matière des Droits de l’Homme, le sujet est cyniquement censuré jusqu’en 1960. La France devrait continuer à jouer au camouflage de la tragédie. Il faut attendre le 27 février 2005 pour que, lors d’une visite à l’université de Sétif, Hubert de Verdière, ambassadeur de France à Alger, qualifie les «massacres du 8 mai 1945» de «tragédie inexcusable». Cet événement pourrait constituer la première reconnaissance officielle de la France de sa responsabilité du carnage du siècle. Déjà, on a fait un grand pas en passant de l’insignifiante «erreur du jour» à la «tragédie inexcusable». J’aimerai conclure par un témoignage du regretté président Boumediene qui avait assisté à ce carnage: «Ce jour-là, j’ai vieilli prématurément. L’adolescent que j’étais, est devenu un homme. Ce jour-là, le monde a basculé. Même les ancêtres ont bougé sous terre. Et les enfants ont compris qu’il faudrait se battre les armes à la main pour devenir des hommes libres. Personne ne peut oublier ce jour-là».

À propos Abdelkader Benabdellah

Laisser une réponse

Votre adresse email ne sera pas publiéeLes champs requis sont surlignés *

*

x

Check Also

Pas de fête de l’Aïd pour Ghaza

Comment pourrait-on penser à célébrer ...

Hamas a déjà gagné la guerre

Loin des considérations exclusivement militaires…, ...

Et… on continue à vendre des armes à Israël !

C’est une erreur de penser ...

La Harga continue de plus belle

Pour certains jeunes en plein ...

Produits périmés: des tonnes et des tonnes saisies

Les services de contrôle qualité ...