Accueil » Les Choses en Face » L’Algérie: pays du blé et du mouton… Et pourtant !

L’Algérie: pays du blé et du mouton… Et pourtant !

En Algérie, plus de 60% des habitants vivent au nord, sur 4% du territoire national où se trouve l’essentiel du potentiel agricole (70% des terres agricoles de valeur). Sur les 238 millions d’hectares qui constituent le territoire national, seuls 40 millions d’hectares sont des terres pouvant porter une couverture végétale ou permettre des cultures. L’économie algérienne reste caractérisée par une dépendance alimentaire qui grève sa balance commerciale. L’Algérie n’a donc pas encore assuré sa sécurité alimentaire. 3ème importateur du monde de blé tendre, 1er importateur mondial de blé dur (50% des échanges mondiaux), et 2ème importateur mondial de poudre de lait après la Chine, l’Algérie a aussi le taux le plus bas de couverture des importations par les exportations agroalimentaires. La faible performance du système de production agricole national n’est pas seule responsable de cette situation. Pour des raisons historiques inhérentes au processus de colonisation, la déstructuration du monde rural a problématisé le régime foncier, et dès lors la «question agraire» ne pouvait être appréhendée que dans une perspective politico-idéologique. La question foncière est pourtant un élément constitutif d’une politique agricole réaliste. La gouvernance rentière n’a pas sorti le pays de sa dépendance aux hydrocarbures et n’a pas réussi à concevoir une stratégie pour produire un développement économique équilibré et durable. La conjoncture actuelle se caractérise par une crise de confiance et un déficit de crédibilité. Notons enfin que la ruralité a encore, dans le contexte actuel, un rôle de cohésion sociale dans l’équilibre d’un pays à majorité paysanne. Mais celle-ci ne saurait se réaliser sans la mise en œuvre d’une politique de cohésion économique qui intègre le développement rural et l’industrie agro-alimentaire. De nombreux déséquilibres affectent encore la société: l’injustice, la corruption et l’enrichissement injustifié, la perte des valeurs avec l’enfermement dans des pratiques rétrogrades et intégristes, se traduisent par un affaiblissement du niveau culturel. C’est pourquoi, la question qui demeure est la suivante: quelle forme d’exploitation promouvoir et quels types de propriété un État devrait favoriser, sachant que l’une ne va pas sans l’autre ? Les réponses à cette question ouvriront alors toutes les perspectives possibles.

À propos Omar Benbekhti

Laisser une réponse

Votre adresse email ne sera pas publiéeLes champs requis sont surlignés *

*

x

Check Also

N’ayons pas peur d’entreprendre !

L’aide au développement, telle que ...

Logique du Bluff et politique du Mensonge

L’habitude du bouc émissaire par ...

Pour une nouvelle géostratégie

L’effondrement de la France-Afrique est ...

Advienne que pouura…

L’Afrique est en marche, et ...

Quelques leçons du Sommet Russie-Afrique

Premièrement, la Russie a montré ...