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L’abjection contre la femme se poursuit

«Nous sommes les seuls parmi les espèces où les mâles tuent les femelles».
Françoise Héritier

Avant toute chose, il s’agit dans cette chronique de rendre hommage aux femmes /et hommes, hélas minoritaires, qui luttent sans répit contre le bruit des bottes; lors du rassemblement contre le féminicide et en même temps les revendications pour le changement qui peine à voir le jour, la répression était implacable et injustifiée. Les 39 cas de féminicide ne peuvent être considérés comme des faits divers comme le pensent certains esprits obtus. Le terme féminicide a été popularisé par deux féministes, Jill Radford et Diana Russell, qui ont publié en 1992 «L’aspect politique du meurtre des femmes». La violence à l’égard des femmes démontre journellement la déliquescence du lien social. Cet asservissement de l’imaginaire nous permettra de dire que les individus sont éduqués sous l’influence pernicieuse du culte de la «tradition religieuse» qui ne cesse de fanatiser l’humain. Cette position dogmatique à l’encontre des femmes s’origine aussi dans la cavalcade de la décennie noire, « les meurtres avec leurs côtés démonstratifs œuvrent dans la gestation des sexes». En partant de la décennie noire, nous pouvons dire que les atrocités que subissent les femmes dans la vie quotidienne ne peuvent que meurtrir l’avenir de ce pays Le féminicide dans son lien « irréfragable » avec l’impensé de la contrainte sociale, nous permet de saisir les ruses de l’inconscient que nous devons élucider au lieu de verser dans la négation du psychisme. Prenons pour exemple les sciences mécanistes, comme la neurobiologie et les théories cognitivo-comportementales, qui privilégient une logique binaire, méconnaissant les « principes de la surdétermination et de la précession logique», pour déboucher sur une confusion entre le fonctionnement cérébral et le fonctionnement psychique, à propos duquel maintes fumisteries sont crachées. Devant les âneries proférées par ce professeur en psychiatrie à l’encontre de «Chaimaa», assassinée par un monstre, nous pouvons dire que son inhibition démontre amplement l’étendue du musellement de l’expression de l’individualité. La subjectivité est la condition du sujet, indispensable à l’existence, résulte de l’acceptation et de l’intégration progressive par chacun, dans l’ordre symbolique, qui est à l’œuvre dans l’échange avec l’autre, et notamment dans le langage, dont la structure détermine toutes les langues. L’ordre symbolique n’est pas à confondre avec l’ordre social, qui n’en tient pas compte en général. Le symbolique est la dimension essentielle qui caractérise les êtres humains en tant qu’êtres parlants (seule espèce vivante qui échange avec des mots qui ne forment pas un code fermé). Il permet au mot de se substituer à la chose en la faisant disparaître et en lui donnant « désormais son existence par sa nomination, qui sert ainsi à la manipuler ». Le symbolique « désessentialise » : il exclut l’en soi de la chose, son essence pour les reléguer au rang de ce qui n’est plus saisissable et qui est impossible à maîtriser, qu’on appelle le réel, pour reprendre Lacan. Il introduit un écart incomblable entre lui et toutes les réalités qu’il détermine.

À propos Adnan H.

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