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La vie citoyenne

Le principe de la citoyenneté est monté sur le soubassement d’un autre principe; sans lui, aucune pratique citoyenne n’est valable. C’est celui de l’équation des droits et des devoirs. Tout citoyen présumé n’ayant pas encore saisi ce principe indéniable, n’est qu’un sujet ou pis encore, serf parmi un agrégat de personnes, bons pour toutes choses, sauf pour mettre au jour à une société civilisée, juste et harmonieuse. Pour être plus exact, laissez-moi apporter un exemple: un citoyen est un sujet conscient et responsable de ses devoirs et de ses droits dans une société donnée. Le contraire est également vrai: un citoyen – appelé ainsi officiellement ou façon de parler – resterait un sujet tant qu’il n’a pas appréhendé les deux principes cardinaux de la citoyenneté qui sont le droit et le devoir. C’est philosophique tout ça dites-vous peut-être! N’est-ce pas? Et, bien non, pas du tout. Je suis, en effet, en train de lamenter ce qui se passe chez nous, mais à ma manière. Parce que le jour où la plupart des Algériens auraient bien compris, c’est quoi voulait dire la citoyenneté, ce jour-là, nous aurons mis un pas de géant vers l’édification de la société progressiste à laquelle ils aspirent …le problème, c’est qu’ils aspirent et à outrance, sans pour autant penser à emprunter le chemin – pénible fut-il- menant à la société citoyenne, responsable. Pourquoi responsable? Parce que la société érigée sur le socle de la citoyenneté ne limite pas le principe de la responsabilité aux seuls responsables –officiels- à différents niveaux même la démocratie et l’Etat de droit avec leurs dérivés, ne sont jamais possibles, sans une prise de conscience citoyenne profonde dans la société. Une démocratie de façade, un simulacre d’Etat, une justice faussaire ne sont, au fait, que des conséquences logiques d’une absence flagrante d’une conscience citoyenne, mettant tout le monde devant leurs responsabilités. Un vrai citoyen un authentique s’interrogeait incessamment et parfois avec regret sur ce qu’il n’a pas donné à son pays et non le contraire. C’est-à-dire ce que son pays ne lui a pas donné. Il n’y a rien d’idéaliste ou d’utopique dans tout ça. C’est uniquement chez nous que ces principes donnent cette apparence étrange, illogique ou parfois mythique pourquoi pas chimérique. Et, d’ailleurs, c’est pour cette raison qu’un président mort aux trois quarts avait pu se maintenir au pouvoir, entouré et entretenu par une meute de loups, pendant sept bonnes années, avant que le vase déborde et le changement se fasse imposé par la force populaire..

À propos Abdelkader Benabdellah

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