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La statue du tortionnaire Bigeard fait polémique !

À Toul, le projet d’ériger une statue du général Bigeard suscite des tensions. La municipalité justifie cette initiative, en soulignant l’absence de condamnations du militaire pour les accusations portées contre lui, relaye «Le Parisien». Cependant, les opposants dénoncent un acte de négationnisme, pointant du doigt les actions controversées de Bigeard, notamment son implication présumée dans des actes de torture pendant la guerre d’Algérie, comme le «jet des hommes à la mer», surnommés les « crevettes Bigeard ». Un collectif d’opposants prévoit même de manifester contre ce projet le 25 mai. En Algérie, le nom de Bigeard est synonyme de «tortures, disparitions et de liquidations». Anne-Marie Quenette, la présidente de la Fondation Bigeard, promotrice du projet, ne souhaite pas croiser le fer avec le collectif toulois, à l’origine d’une pétition afin d’empêcher l’installation de l’œuvre dans l’espace public. «L’usage de la torture, les « crevettes Bigeard », tous ces faits sont avérés et référencés dans beaucoup d’études historiques. On sait aujourd’hui que la torture a existé. Le président Macron a employé le mot de « système ». C’est un grand pas en avant par rapport à Sarkozy. La torture a été un système en Algérie. Bigeard a toujours eu un double discours. Son premier argument était de dire que la torture, ce n’était pas vraiment la torture. C’étaient des interrogatoires musclés nécessaires. Quand on violentait des hommes, c’était pour la bonne cause parce qu’il fallait éviter que des bombes explosent. Ça, c’est la justification de l’usage de la torture. Le deuxième temps de son raisonnement était de dire qu’il a pu y assister, mais ça le mettait tellement mal à l’aise, qu’il n’a jamais participé. Là, il est pris en flagrant délit de mensonge. Je ne sais pas s’il mettait la main à la pâte ou s’il était présent mais, en tout cas, sa responsabilité directe dans la torture est avérée», a-t-elle avoué, dans un entretien en mars avec «France 3». Cette déclaration confirme qu’un courant «colonialiste » et «néocolonial» en France refuse catégoriquement de reconnaître les crimes et les atrocités avant et durant la guerre de révolution algérienne. «Si, sur le tard, le général Massu lui-même exprima des regrets pour avoir commandé et couvert la torture, tel ne fut jamais le cas de Bigeard. Comme Jean-Marie Le Pen et bien d’autres tortionnaires, tout en faisant l’apologie de la torture et de sa prétendue efficacité «antiterroriste», il nia toujours, contre l’évidence, l’avoir lui-même commandée ou pratiquée. Par exemple, lorsqu’en 2000, Louisette Ighilahriz le mit en cause, de même que Massu, comme témoin de son supplice, tout ce qu’il trouva à faire, c’est injurier cette femme et menacer le journal « Le Monde » qui rapportait ses accusations : «Je peux encore mordre», déclara-t-il», rapportait deux historiens français à Médiapart. La date d’installation de la statue est pour l’instant gardée secrète. Elle pourrait intervenir le 18 juin, jour anniversaire de la mort de Marcel Bigeard, décédée en 2010. En attendant, le collectif d’opposants a prévu de se rassembler le 25 mai «pour faire barrage à cette décision», rapporte «Le Parisien». Cette statue risque d’alimenter la polémique entre Paris et Alger au moment où les deux pays travaillent pour réhabiliter la mémoire entre les deux peuples, avec l’affirmation de la reconnaissance des crimes, viols et autres durant l’occupation.

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