Accueil » CHRONIQUE » La place du désir d’écriture chez les étudiants (es)

La place du désir d’écriture chez les étudiants (es)

Le département des langues d’Oran se lie au désir d’émancipation par la «contagion d’un air inconnu» au sens de Montaigne. Les initiatives d’échanges se multiplient pour discuter l’imaginaire de l’écriture. Dans cette optique, l’enseignante universitaire Taibi Rima m’a invité ce dimanche pour discuter l’acte d’écriture et sa portée émancipatrice. Dans le but de créoliser la dynamique subjective avec l’esprit critique, la discussion avec les étudiants fut judicieuse, ce qui nous a permis de survoler plusieurs aspects quant au désir d’écriture chez bon nombre d’étudiants qui s’intéressent de plus près au fonctionnement des maisons d’édition. Le but de cette chronique est de mettre quelques points que j’ai abordés lors de ma communication, le dire subjective de l’écrivain. L’écriture romanesque façonne l’imaginaire des peuples, la vertu thérapeutique qui l’accompagne devient sa conscience vigilante de ses propres pensées et motivations. Cela dit, outre l’envoutement du verbe, la réflexibilité de la dialectique des deux aliénations tant signifiantes que sociales nous permet de ne plus forclore la dimension de l’inconscient dans l’acte de l’écriture. La réciprocité de la production du fonctionnement psychique qui se distingue du cérébral, saisit le devenir de l’écriture comme étant l’art de bien dire ce qui nous échappe. L’analyse de l’échappement se repère à travers l’horloge subjective qui trouve son point de démarcation dans la socialisation de la condition humaine. Les ébauches conscientes de l’esprit critique favorisent la chaîne signifiante d’une communication exempte de domination pour décrypter le lien social. Il va sans dire que la vertu socialisante de l’écriture ne s’accommode pas des dérives sectaires, mais l’enchevêtrement de l’écriture dans le mimétisme démocratique devient à bien des égards infantilisant et encourage le mécanisme mental comme le disait l’anthropologue Claude Lévi Strauss, le phénomène de «l’occire dentalisation». La contextualisation de l’imaginaire de l’écriture dans un milieu contraint tel que l’Algérie, permet de le comprendre sur l’imposition du droit de véto et sur la perpétuation de la fonction de l’être qui refuse l’accomplissement du «désetre». La deuxième caractéristique est celle de la réification de l’écriture qui se conditionne par la «modernité liquide». Ce conflit d’importation gadgétise l’esprit critique. Le fanatisme du marché provoque l’emballement cardiaque en rationalisant l’angoisse du sujet qui inscrit son fondement dans la négation de la subjectivité. Pour pouvoir amorcer un «imaginaire moteur», vecteur de réel processus de sublimation, l’acte de l’écriture devra se pencher sur une lecture clinique de la subjectivité pour pouvoir se libérer de l’enfermement du sujet parlant. Revenir au message véhiculé par l’enseignante, nécessite de paraphraser le philosophe Rancière «Qui enseigne sans émanciper abrutit.» Et qui émancipe n’a pas à se préoccuper de ce que l’émancipé doit apprendre autrement dit, comme le disait Sénèque «Celui qui ignore vers quel port il se dirige ne trouve jamais de vent favorable».

À propos Adnan H.

Laisser une réponse

Votre adresse email ne sera pas publiéeLes champs requis sont surlignés *

*

x

Check Also

Le CDES, 60 ans après, quelle fenêtre de consécration !

Le paysage culturel voire livresque ...

DOUNIA : La singularité du CORPS PSYCHIQUE

Après avoir fait une lecture ...

DOUNIA: La singularité du CORPS PSYCHIQUE

Pour lutter contre l’abjection de ...

DOUNIA: La singularité du CORPS PSYCHIQUE

DOUNIA: La singularité du Après ...

L’écriture entre libération et enfermement

La littérature dans son ensemble ...