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La place du courant islamiste

Il ne serait guère judicieux de sous-estimer le courant islamiste sur l’échiquier politique national. Il n’a, certes, plus cette euphorique et attractive résonance du début de l’expérience pluraliste, mais, il a tout de même, une place respectable chez la masse électorale nationale… Et, si les courants se disant – façon de parler – «démocratiques», vont boycotter les législatives et très sûrement, ils vont le faire – par solidarité avec la tendance escaladante d’un «Hirak», de plus en plus radicalisé, les islamistes vont se trouver avec les mains libres…et le terrain dégagé de leurs ennemis jurés. Pour le moment, il n’y a qu’une seule force montante qui pourrait rivaliser avec le courant islamiste, ce sont les listes des candidats indépendants. Les chances de ses derniers vont s’avérer importantes du fait qu’une grande partie de l’électorat dans ces législatives vont sûrement bouder les «partis politiques», notamment, les formations traditionnelles, aux yeux d’une importante frange des Algériens, qui seraient responsables, directs ou indirects, des malheurs subis par le pays. Ces formations étaient directement, liés par le truchement d’alliance – l’on se rappelle – avec le régime déchu ; même ces petites manœuvres consistant à changer de «chapeaux» à ces partis ne vont pas résoudre le fait qu’ils seraient répugnés par le peuple. Ce dernier savait également que ces partis avaient, par le passé, occupé illégalement «les sièges de l’APN et des APC suite à des élections truquées, donc fausses et illégales. Les islamistes qui avaient su, pendant longtemps, comment rester tranquille, bouche cousue et sans faire de problèmes, attendaient justement, à l’affût ces moments propices. Vont-ils gagner quelque chose? Rien ne pourrait donner des pronostics justes et précis. Nos observations et nos analyses, si elles étaient justes, nous laisseraient croire à la montée en puissance des listes indépendantes sans couleurs idéologiques ou partisanes. Les gens en ont marre des partis qu’ils soient islamistes ou autres. Pendant 30 ans de pluralisme politique, les partis étaient, en effet, censés mettre sur pied une cohésion politique au service d’une authentique démocratie et d’un Etat de droit; déjà, dès que les dispositions constitutionnelles sur le pluralisme en 89, ont été ratifiées, les partis n’ont pas attendu un seul moment, pour entrer dans un conflit fratricide entre eux-mêmes, pour des causes purement idéologiques. D’autres partis avaient préféré se transformer en gangs dont l’unique but serait d’avoir accès aux privilèges et au gîte du trésor. Le régime – exceptionnellement machiavélique – instauré au début du pluralisme, paraît-il, avait besoin de ces simulacres de partis, composés d’hordes d’aventuriers politiques sans foi ni loi, sans culture politique, sans conscience.

À propos Abdelkader Benabdellah

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