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La photo, cet horizon de désir. Nora Zair: «Je m’exprime à travers l’image»

La culture photographique n’a jamais cessé de façonner l’imaginaire des citoyens. Cette ardente aspiration filmique qui transcende la réception sémiotique ne peut se consolider sans l’imagination fertile; elle introduit l’espèce humaine dans les méandres sublimes de la culture citoyenne. L’honorabilité de l’image technique avait pris ses racines dans l’Antiquité, en apparaissant socialement à partir de 1840, comme le souligne François Brunet. En contemplant les photos défilant comme une pluie perpétuelle de cendres étoilées, nous avons pris part à l’échange de Nora Zaïr pour qui la culture photographique est semblable à une aurore reluisante. Pour faire parler la photo comme les satines de nos rêves, l’étau du professionnalisme de Nora Zaïr fera qu’elle abandonne son objet de prédilection, pour chérir son usage par l’enchantement du verbe qui donne libre cours à son épanchement photographique. Dans un rire et une douceur d’un après-midi ensoleillé, nous avons discuté autour d’une tasse de café. Par la suite vient l’échange sur sa formation, son parcours et sa conception du savoir photographique qui la soutient jusqu’à la professionnalisation. La muse comme maîtresse d’adoucissement éclot depuis l’enfance et ce, à travers le dessin ; à cet égard, notre photographe crée un lien logique entre le dessin et la photo, autrement dit l’énergie artistique s’infiltre dans l’énergie esthétique qui la lie à celle de l’image. Comme nous le révèlera Nora:”Au début, je photographiais des gens et des lieux “ ; pour notre interlocutrice, le désir de la photo s’harmonise avec autrui, le paysage l’a nourri; cette expérience «professionnalisante» de la photo rime entre vécu et rencontres. Pour canaliser son désir photographique, Nora nous confie que même si elle n’avait pas trouvé une articulation logique entre sa formation universitaire, en hydraulique, et sa vocation artistique, ce choix s’était enraciné comme une vertu créatrice. Dans l’attente, trempée de patience éternelle, elle expliquera qu’opter pour une formation loin de sa région n’était pas chose facile. De fil en aiguille, l’apprentissage de la photo s’harmonise par des exercices individuels et choisit le moyen d’apprendre en autodidacte; ce qui consolidera son savoir et lui permettra d’occuper un poste de formatrice au sein de l’Institut français. Elle nous fera savoir également qu’elle participait à des résidences qui lui ont permis de faire connaissance avec de nombreux photographes. Devant la rêverie marcheuse de la photo qui s’est enracinée en elle comme une arme préférentielle, Nora a esquissé les grandes lignes qui balisent le fondement de la formation dispensée à toute personne désireuse de se familiariser avec l’idylle sublime de l’image. Elle nous informera sur la durée de la formation qui s’échelonnera sur deux à quatre mois, tout en insistant sur la rigueur qu’il faut déployer car celle-ci regorge de plusieurs aspects; sur cette lignée, elle nous fera savoir qu’elle s’est spécialisée dans la photo documentaire. Dans la phase de l’apprentissage, la formatrice centre l’objet du savoir photographique avec le décryptage d’une photo, décrivant ainsi celle du journaliste qui est informative. En mettant en relief la consécration des efforts élaborés par les apprenants, Nora ne lésine pas sur les moyens pour organiser une exposition photos pour faire parler les expériences de ses apprenants et conscientiser le choix de la photo. Etant partisane du hirak, la photographe partage l’émotion que le mouvement a suscitée chez elle. Il vient au secours d’une création et ce, en différents endroits pour jalonner les traces des expositions à l’intérieur comme à l’extérieur du pays. Au fil de la discussion, notre interlocutrice nous a fait part de son voyage à Vienne qui reste inoubliable selon elle, haut en couleurs et riche en culture. Durant la période du hirak motivé par un désir de changement, diverses photos exposées ont suscité de vives émotions. Enfin, de la façon la plus naturelle possible, le rythme narratif de l’expérience photographique était saisissant pour faire jouer les variations de l’esthétique.

À propos Adnan H.

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