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La pénurie d’eau relance la fabrication et le commerce des citernes en plastique. Le malheur des uns fait le bonheur des autres !

Signes des temps, le commerce des citernes serait-il sur la voie d’effacer celui de l’eau en bouteille ? Les commerçants de l’eau en bouteille en plastique dont le prix a enregistré il y a quatre mois un bond de 5 da le litre, font face en effet à une forte concurrence curieusement imposée par les vendeurs et les camions citernes d’eau potable. Ainsi donc, guetter à longueur de journée l’arrivée des camions citernes d’eau est devenu un secret de polichinelle depuis quelques jours dans plusieurs communes du pays enregistrant une pénurie d’eau. Mieux, les propriétaires de réserves ou de camions offrent un service impeccable. Ils se chargent de tout et font tout le nécessaire : transport, entretient des camions et de bâches, remise à neuf des moteurs et de suppresseurs, etc. Ils tentent de proposer un service à la perfection où il n y a pas toujours un juste prix. Agissant telle une « fourmi » qui ne lâche rien, à force de rotations de camions journalières interminables, ils finissent toujours par convaincre une population de plus en plus exigeante durant cette période d’été synonyme de grande boulimie en eau des ménages. C’est dire, l’étau ne se resserre plus comme auparavant sur les propriétaires des camions citernes de distribution d’eau potable pour combler le déficit des robinets. Les vieux réflexes ont la peau dure. Retour en force en effet de ces camions d’eau « porte –bonheur » dans les quartiers après une longue période creuse et d’hibernation due au durcissement des mesures d’exploitation de créneau juteux, mais aussi à la disponibilité de la ressource hydrique. Seulement voilà, fini le temps de l’autosuffisance hydrique et place aux « vaches maigres » et à la prudence. Pourquoi ? Depuis que le liquide précieux s’est raréfié dans les ménages à la faveur des restrictions instaurées par les pouvoirs publics de tutelle pour cause de « stress hydrique » et afin de lutter contre le gaspillage d’eau, la fréquentation des populations avec les vendeurs d’eau potable, qu’il soient détenteurs de locaux ou de camions citernes, est devenue palpable à perte de vue et à longueur de journée. Conjoncture hydrique oblige, les autorités locales au niveau des wilayas où sont constatées les restrictions en matière de distribution d’eau, ont donné des instructions afin de faciliter l’accès des populations à l’eau des camions citernes pour garantir la disponibilité de la ressource hydrique en temps réel et en permanence. Ainsi, les locaux de vente des citernes et des réservoirs d’eau en plastique ont enregistré, ces derniers jours, une affluence sans précédent, de la part des citoyens de la capitale. Cette forte affluence est due à l’entrée en vigueur, samedi dernier, du programme d’urgence de distribution de l’eau potable mis en place par la SEAAL. Ce qui a relancé la fabrication et le commerce de ces équipements et fait flamber les prix en un temps record. Même constat à Oran qui possède des grandes réserves d’eau douce comme à Hassi et Misserghine. Rares sont en effet les wilayas du pays aussi pourvues en réserves hydriques souterraines. Cette donne a favorisé la réémergence du créneau de la vente d’eau de consommation. Depuis une semaine, des files d’attentes sont observées par les oranais dans les quartiers pour faire le plein. A Alger, le phénomène est « très significatif ». Des commerçants, interrogés dans les différentes communes d’Alger, ont convenu que la demande sur les citernes d’eau en plastique « a notablement augmenté ces derniers jours, affirmant que la marchandise est sitôt acquise sitôt épuisée », ce qui les amène à s’approvisionner quotidiennement auprès des grossistes pour satisfaire la demande en cette conjoncture de stress hydrique en plein été. Othmane, un quincaillier à Bir Mourad Rais, a déclaré: « je travaille dans la quincaillerie depuis des années, mais je n’ai jamais pensé au commerce des citernes. Cependant l’essor enregistré récemment dans cette activité m’a incité à me lancer dans ce créneau ». Il a ajouté « j’ai vendu 20 réservoirs avec tous leurs accessoires en une semaine … je vends au quotidien toutes les citernes, les surpresseurs et leurs accessoires achetés au marché d’El Hamiz. La demande et les prix sont en hausse au niveau des marchés de gros et de détails ». Le montant global pour acheter une citerne, un surpresseur et tous les accessoires oscille entre 30.000 et 50.000 da, sachant que c’est la capacité du réservoir et la puissance du surpresseur qui définissent le prix final en plus des frais de la main d’œuvre allant de 6.000 jusqu’à 15.000 da, en fonction de la distance entre la canalisation et l’endroit de l’installation du réservoir, précise le quincaillier. Quant aux prix des citernes, ils ont enregistré ces derniers temps une augmentation de l’ordre de 5.000-10.000 dinars, selon un commerçant qui a précisé qu’une citerne de 300 litres est aujourd’hui vendue à 9.500 dinars, celle de 500 litres à 11.000 dinars, celle de 800 litres à 14.000 dinars et la citerne de 1000 litres à 15.000 dinars. Un grossiste d’El-Hamiz a imputé cette hausse des prix au manque de la matière première (plastique). « Nous achetions le kilogramme de plastique 20 dinars contre 40 dinars aujourd’hui, sans parler des frais de transport et d’acheminement qui sont montés en flèche », a-t-il expliqué. Outre les citernes en plastique, le marché propose aussi des citernes en métal de qualité, mais leurs prix sont plus élevés. « Les citernes en plastique sont très demandées, ce qui nous a amené à renforcer notre main d’œuvre et à augmenter la quantité de produits proposés aux clients », a déclaré Mohamed, un commerçant dans la commune de Draria. Le produit vendu sur le marché est de fabrication locale et il est acheminé de l’usine de plastique de Sétif par les grossistes d’El-Hamiz qui les distribuent aux détaillants de la capitale, a-t-il fait savoir. Nous avons constaté que la plupart des commerces qui exercent cette activité proposent tout le nécessaire : les réservoirs, leurs accessoires, une main d’oeuvre qualifiée en plomberie pour le montage et le transport payant et parfois gratuit. Dès que des perturbations dans l’alimentation en eau potable ont été enregistrées, nous nous sommes organisés pour pouvoir répondre à la demande en proposant davantage de marchandise et en renforçant nos effectifs pour assurer également aux clients des services de montage et de transport, a confié Fodil, un vendeur de citernes. S’agissant du coût total d’acquisition d’une citerne et d’un surpresseur supplémentaire ainsi que le service de montage, M. Fodil a indiqué qu’il varie entre 45.000 Da et 60.000 Da et plus, et ce, selon la capacité et le volume de la citerne, la puissance de la pompe et la durée de montage. Un autre vendeur dans la commune de Tixeraine a rappelé, de son côté, que le marché connaît un mouvement exceptionnel et une demande sans précédent sur les citernes d’eau après le début de la mise en œuvre du programme d’urgence de distribution d’eau potable à Alger.

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