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La pandémie, la pilule et l’Afrique

Le monde fait face à un nouveau variant et la mort hante encore, après deux ans de galère, les es-prits. L’Europe fait face à une cinquième vague alors que la population est largement vaccinée. L’Afrique, par contre, délaissée par les riches, fait face à une quatrième vague. L’Afrique n’est pas encore vaccinée et accuse un grand retard dans la vaccination. L’OMS annonce par le bais de sa branche africaine que la pandémie sera donc toujours au centre de son agenda l’année prochaine, d’autant que «les populations d’Afrique ont subi des pertes dévastatrices en vies humaines et pâtissent de problèmes de santé». «Des revenus ont été totalement perdus», a déclaré dans un message de fin d’année 2021, Dr Matshidiso Moeti, Directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique. L’agence sanitaire mondiale de l’ONU redoute déjà d’autres vagues, «car les prévisions actualisées indiquent que le continent pourrait ne pas atteindre une couverture vaccinale de 70 % avant août 2024». Cette semaine, le nombre de nouveaux cas sur le continent a augmenté de 83 % par rapport à la semaine précédente. Il s’agit de la hausse la plus rapide enregistrée depuis le mois de mai de l’année dernière. Si le déploiement des vaccins a permis de livrer avec succès plus de 250 millions de doses sur le continent, force est de constater que seuls 8 % environ des Africains sont entièrement vaccinés. «C’est loin d’être suffisant», assure la responsable de l’OMS Afrique. «Seuls cinq des pays africains atteindront l’objectif de vacciner entièrement 40 % de leurs populations avant la fin de 2021, et les prévisions actuelles indiquent qu’il faudra encore plusieurs mois pour que tous nos pays en fassent de même», relève la cheffe de la branche africaine. Au même moment, l’Agence européenne des médicaments a déclaré ce jeudi 16 décembre avoir approuvé l’utilisation en cas d’urgence dans l’Union européenne de la pilule anti-Covid de Pfizer, qui n’a pas encore reçu une autorisation complète de mise sur le marché. «Le médicament qui n’est pas encore autorisé dans l’UE, peut être utilisé pour traiter les adultes atteints du Covid-19 qui n’ont pas besoin d’oxygène supplémentaire et qui présentent un risque accru de développer une forme sévère de la maladie», a déclaré l’EMA dans un communiqué. Le régulateur européen a aussi approuvé ce jeudi deux nouveaux traitements contre le Covid-19, le traitement par anticorps monoclonal de GlaxoSmithKline ainsi qu’un médicament immunosuppresseur déjà autorisé dans l’UE pour le traitement de diverses affections inflammatoires. Refusé par la France car jugé insuffisamment efficace, le molnupiravir, traitement contre le Covid du laboratoire américain Merck, a été autorisé au Danemark pour les patients à risque présentant des symptômes, jeudi 16 décembre. Le pays est devenu premier membre de l’Union européenne à autoriser ce traitement, commercialisé sous le nom de Lagevrio. Alors que nous avons assisté à une course commerciale pour la découverte, l’acquisition et commercialisation du vaccin, c’est aujourd’hui au tour des pilules et des médicaments anti-Covid, tout en tournant le dos à l’Afrique.

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