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La manne aux devises

Le marché parallèle impose ses lois et sa volonté sur le monde de l’économie et des finances. Pourquoi? Parce que tant que l’Etat continue à jouer à l’acteur faible ou affaibli par rapport aux «forces» ayant main mise sur l’économie du pays. Ces forces vont-elles continuer, tout de même, à diriger les potentialités du pays, selon leurs intérêts personnels et non pour servir l’intérêt général. Il a fallu depuis longtemps imposer une réglementation rigide qui devrait faire en sorte que les quantités massives de devises qui circulent hors des circuits officiels soient plus au moins soumises aux contrôles et à la comptabilité de Services concernés de l’Etat… Voilà, tenez ! un autre secteur où l’Etat affiche, sans pudeur, son incapacité à gérer un domaine ayant une liaison directe avec les finances de l’Etat. Imaginez donc les pertes causées par de tels comportements échappant au contrôle et à la répression des organismes publics, évidemment, dans le cadre des lois de la république. C’est normal que la nonchalance caractérisant l’action du gouvernement, des départements et des multiples services, n’aille pas faire exception pour le secteur des finances, notamment la gestion des sommes colossales des devises, confiées à des acteurs agissant à la bourse parallèle du square Port-Saïd d’Alger, c’est-à-dire, hors du contrôle et de suivi… J’ai entendu une fois, il y a quelques années, un des députés de l’APN, des précédentes législatures proposant au ministre des Finances d’imposer une réorganisation du marché parallèle des devises, en créant des offices ou bureaux de change et en renforçant ceux qui existent timidement. Et ce, pour mettre dans l’ordre l’activité de plus en plus imposante de l’achat et la vente des devises. Ces acteurs vont travailler dans un cadre officiel et soumis à l’œil vigilant du contrôle des services du département ministériel concerné, et du coup, soumis aux charges de n’importe quelle autre prestation de service : comptabilité, fisc, assurance etc.…cependant, par la même occasion il faudrait interdire, de façon drastique, toute autre activité parallèle. Ça serait un pas de géant vers un but noble dont le monde rêve et espère, celui de voir l’État restituer ses missions et ses attributions constitutionnelles.. En attendant ces jours meilleurs, le parallèle continue à grossir aux dépens des intérêts du peuple et de l’Etat. Tout le monde a vécu ces jours de crises pendant le mois sacré du ramadhan où les gangs du parallèle ont savamment réussi à imposer «un embargo» du lait en sachet, de l’huile de table…

À propos Abdelkader Benabdellah

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