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La France face à ses Harkis…

La Cour européenne des droits de l’homme a souligné les conditions de vie « pas compatibles avec le respect de la dignité humaine » des Harkis dans le camp de Lot-et-Garonne où ils ont été reçus, à leur arrivée d’Algérie, dans les années 1960 et 1970. Cette décision fait suite à une requête déposée par cinq plaignants, dont quatre frères et sœurs ayant vécu dans le camp de Bias, dans le Lot-et-Garonne. Avant de saisir la CEDH, ils ont intenté des recours devant les juridictions administratives, sans succès. Charles Tamazount, président du Comité harkis et vérité, a porté cette requête, marquant une victoire importante pour les familles de harkis et ouvrant une nouvelle ère dans leur combat. Vous pouvez partager un article en cliquant sur les icônes de partage en haut à droite de celui-ci. Cette décision a été prise à l’unanimité des sept juges ; même le représentant français ne s’est pas désolidarisé de ses collègues. Dans leur arrêt, ils ont constaté que « les conditions de vie quotidienne des résidents du camp de Bias, dont faisaient partie les requérants, n’étaient pas compatibles avec le respect de la dignité humaine et s’accompagnaient en outre d’atteintes aux libertés individuelles », relaye «Le Monde» Charles Tamazount, né au camp de Bias en 1974, redoutable juriste, président du Comité harkis et vérité, avait porté cette affaire en mars 2019 auprès de la CEDH pour ses trois frères (Abdelkader, Aissa, Brahim) et sa sœur (Zohra). Ces derniers ont alors accusé l’Etat d’avoir violé six articles de la Convention européenne des droits de l’homme lorsqu’ils ont vécu, de leur naissance à leur adolescence, derrière les barbelés du camp de Bias après la fin de la guerre d’Algérie, pays que leurs parents ont fui pour avoir servi l’armée française. «Pour eux, la France a gravement manqué à ses devoirs en ne respectant pas leur droit à la vie, à leur intimité. Mais aussi en détournant le versement des allocations familiales de leurs parents pour faire fonctionner le camp, en leur interdisant l’accès à l’école de la République et, enfin, en les privant de tout procès équitable », indique le média. «C’est une condamnation très importante, tant sur le plan historique que sur le plan symbolique. C’est la première fois que la France est condamnée. Et cette décision pourrait faire jurisprudence, elle pourrait donner des idées à d’autres personnes d’aller vers la CEDH pour demander réparation », a souligné Fatima Besnaci-Lancou, docteure en histoire, présidente du conseil scientifique et culturel du Mémorial du camp de Saint Maurice l’Ardoise et membre du conseil scientifique du Mémorial du camp de Rivesaltes au journal «L’Indépendant». Cette décision confirme les atrocités de la France envers les Algériens et qui n’a pas « épargné » ses serviteurs qui se sont dressés contre leurs frères durant la Révolution.

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