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La cupidité l’emporte…

La cupidité des sociétés productrices de vaccin n’a pas de limite et ne recule pas devant la mort. Le prix de certains vaccins a augmenté alors que la demande est forte mais surtout «essentielle». Si les prix auxquels l’Union européenne achète les vaccins sont toujours confidentiels, le «Financial Times» révèle qu’un accord a été passé avec Pfizer et Moderna pour revoir les tarifs à la hausse. Dans le cadre d’un accord avec l’Union européenne, les laboratoires Pfizer et Moderna ont augmenté les prix de leurs vaccins contre le Covid-19, a ainsi révélé dimanche le Financial Times, qui a eu accès aux contrats. L’information, obtenue par le «Financial Times», a été indirectement confirmée par le secrétaire d’Etat français aux Affaires européennes, Clément Beaune, qui la justifie par des «contrats plus exigeants» signés à l’aune de la prolifération du variant Delta. Selon le quotidien financier britannique, la dose de vaccin Pfizer passe de 15,5 euros à 19,5 euros, celle de Moderna de 19 euros à 21,5 euros. Les parties concernées s’abstiennent à réagir à cette information. Et pourtant, cette hausse des prix des doses intervient alors que l’inquiétude sur la flambée du variant Delta monte et que des études ont prouvé que les vaccins de Moderna et Pfizer-BioNTech devraient rester efficaces face à ce variant. Cette hausse intervient aussi au moment où des pays actent l’administration d’une troisième dose, comme c’est le cas pour l’Allemagne. L’Allemagne a déjà décidé d’administrer une nouvelle dose de vaccin aux publics les plus fragiles. Le Royaume-Uni l’envisage également, selon la presse britannique. Si ces deux géants vont l’administrer, d’autres pays suivront. L’OMS n’est pas encore favorable à une troisième dose. La troisième dose fera l’affaire des multinationales qui produisent le vaccin. Les pays pauvres sont à la « merci » des riches et de l’OMS. La Russie comme la Chine tente de leur venir en aide, mais c’est insuffisant. D’autres pays, ni riches ni pauvres, peinent à se procurer leurs premières doses. Le patron de l’Organisation mondiale de la Santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus, est sorti de sa réserve mi-juillet pour rappeler l’importance d’une solidarité mondiale: « Les pays riches commencent à dire : nous avons contrôlé le virus, ce n’est plus notre problème… Je ne suis pas sûr qu’ils soient tirés d’affaire. Et je ne suis pas sûr non plus qu’ils l’aient contrôlé, à cause du variant Delta et des autres variants qui pourraient émerger. Je suis désolé de dire ça, mais, si la solidarité ne fonctionne pas, tout le monde sait pourquoi. C’est à cause de la cupidité. Personne n’est encore tiré d’affaire dans cette histoire». Le Burundi, l’Erythrée et la Corée du Nord sont désormais les seuls pays n’ayant pas encore commencé leurs campagnes de vaccination. Toutefois, le Burundi s’est déclaré prêt à recevoir des doses via le programme international Covax, mais s’est dégagé de toute responsabilité en cas d’effets secondaires. Le gouvernement burundais avait refusé jusqu’ici de bénéficier de l’initiative Covax, destinée à garantir aux pays défavorisés un accès équitable aux vaccins, expliquant ne pas vouloir de vaccins encore «au stade expérimental». Pour 2021-2022, Covax espère recevoir au moins 610 millions de doses financées par les donateurs. Sur ce total, les Etats-Unis doivent en fournir 260 millions, les pays de l’Union européenne 200 millions, le Royaume-Uni 80 millions et le Canada et le Japon, 30 millions chacun. Un mécanisme international dont deux régimes particulièrement autoritaires, le Belarus et le Turkménistan, ne peuvent profiter, expliquant ainsi leurs deux dernières places du classement de l’OMS et du FMI. Le néolibéralisme ne cesse de montrer son visage hideux.

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