Accueil » CHRONIQUE » La crainte d’une famine…

La crainte d’une famine…

Avec une quantité bien moindre de céréales et d’engrais ukrainiens et russes sur les marchés mondiaux, les experts craignent que les denrées alimentaires se fassent plus rares et plus chères. Depuis le début de la guerre, 07 millions de tonnes de blé sont en attente dans les deux principaux ports ukrainiens d’Odessa et Marioupol. En raison des sanctions contre Moscou, le blé russe est devenu invendable. Résultat: le cours s’envole. La tonne de blé était à 275 euros le 1er janvier. Elle est aujourd’hui à 385 euros. Pour des pays comme le Soudan ou l’Indonésie, le blé est devenu trop cher, ce qui fait craindre une crise alimentaire mondiale. Malgré la guerre, les céréaliers ukrainiens ont commencé à semer cette semaine, avec l’espoir de pouvoir récolter sereinement dans quelques mois. En conséquence, les prix du blé, du maïs et du soja dépassent déjà ceux des dernières crises mondiales de 2008 et 2012, le blé ayant fait un bond de 60 % depuis le début du mois de février. «Nous ne perdons pas seulement six millions de tonnes de céréales » de la récolte de l’année dernière en Ukraine, déclare David Laborde, analyste principal à l’Institut international de recherche sur les politiques alimentaires à Washington, D.C., au média «National Géographic». «Mais potentiellement, 60 millions de tonnes. Perdre la prochaine récolte sera un manque critique que personne ne pourra rattraper». Et ce n’est même pas le plus gros problème potentiel, dit-il. L’Ukraine, la Russie et la Biélorussie exportent également de grandes quantités d’engrais azotés et potasses dans le monde entier. Des pays sont déjà à la recherche d’alternatives pour faire face à cette crise de céréales. Le ministère chinois de l’Agriculture et des Affaires rurales et le ministère des Finances ont publié un avis exigeant que les autorités locales réfléchissent à un «effort total» pour garantir la récolte de blé d’été et étendre la plantation de soja «par tous les moyens», a rapporté le Global Times. Et pour les pays africains qui importent des céréales, le prix est un enjeu majeur. Beaucoup d’entrepreneurs proposent des alternatives à la farine de blé et des produits de substitution : la farine de riz en fait partie. Pour y faire face, la Commission européenne pourrait autoriser les agriculteurs à utiliser les terres qui étaient en jachère, même si cela va à l’encontre de ses engagements écologiques. En Algérie, une rencontre consacrée à la sécurité alimentaire a été organisée, samedi à Alger, afin de présenter une étude réalisée par la Confédération algérienne du patronat citoyen (CAPC) sur le secteur agricole. L’expert et professeur Bessaoud a insisté à l’occasion sur la nécessité d’assurer l’autosuffisance en blé dur. «Nous devons aussi sauvegarder le premier maillon de la sécurité alimentaire qui est celui de la semence locale», a-t-il affirmé. L’expert a recommandé aussi l’accroissement des productions de légumineuses (en particulier les lentilles et pois chiches) sur les surfaces en jachère, dans le cadre des efforts déployés pour garantir une sécurité alimentation durable et résiliente.

À propos B.nadir

Laisser une réponse

Votre adresse email ne sera pas publiéeLes champs requis sont surlignés *

*

x

Check Also

Netanyahu isolé, la victoire de la Palestine!

Lundi, le procureur de la ...

L’Emir Abdelkader revient cette semaine!

Les historiens de la Commission ...

Du nouveau pour les urgences sanitaires

Les 196 États membres du ...

L’optimisme de l’OPEP

L’OPEP et l’Agence internationale de ...

Agriculture, cap vers le Sud!

Le ministre de l’Agriculture et ...