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La corruption, un rituel, une tradition

Ceux qui prétendent lutter contre la corruption devraient être irréprochables eux-mêmes.
                                                                                                                                                                        Pdt Poutine.

La corruption, ce grand mal insaisissable et impalpable, qui a quand même réussi à ruiner des empires et mettre à genoux des nations, fait encore parler de lui chez nous. D’ailleurs, il a tout le temps été objet de discussions, voire de controverse, suscitant à plusieurs reprises la polémique …Un responsable dont la carrière a mal tourné est toujours accusé de corruption. Un gouvernement ayant échoué dans sa mission est également accusé de corruption…le hic, c’est que les corrompus comme leurs semblables les corrupteurs, ne portent pas des tenues spéciales ou possédant des caractéristiques morphologiques apparentes, pour pouvoir les distinguer dans la foule. L’autre paradoxe de la vie, c’est que parfois ce sont les maîtres corrompus corrupteurs qui procèdent à la dénonciation du fléau de la corruption…voilà, pourquoi il a tout le temps été difficile de mener une guerre victorieuse, visant à éradiquer ce fantasmagorique mal, à l’essence satanique.. C’est justement cette nature un peu spéciale qui l’enveloppait, qui a fait que toutes les luttes menées contre le phénomène n’aboutissaient que peu ou pas du tout. La force ou la faiblesse de l’Etat ne faisait que le réguler, en empêchant qu’il se propage comme une tache d’huile, tel qu’il est vécu dans les pays du tiers-monde, notamment chez nous.. Dans les pays où l’autorité de l’Etat est imposante, la corruption n’est pas éradiquée d’une façon définitive. Elle reste, cependant coincée dans un cercle restreint. Elle ne peut pas se pratiquer au grand jour, par crainte des représailles, comme dans un Etat où le principe de la suprématie du droit est de rigueur. Tandis que dans les pays où l’Etat n’est qu’une farce, l’on trouve que la corruption est le seul vecteur régissant les relations entre administrateurs et administrés, ainsi qu’entre administrateurs eux-mêmes. Quand elle arrive à ce point culminant, elle ne devient plus un mal ou une source de honte ou de crainte pour son pratiquant. Par exemple, dans quelques administrations algériennes où l’on travaille dans le miel, l’on n’a pas du tout honte ou peur de vous exiger dix pour cent du coût global d’un projet. Le responsable ou même le préposé disait de ce pourcentage «haqi», c’est-à-dire son droit… même si le citoyen venu solliciter un service, dépose plainte, il sait au préalable qu’il ne va absolument rien changer d’une situation délabrée. Pourquoi ? Parce que l’Etat manque d’une réelle volonté de faire triompher le droit, la justice et lutter contre les fléaux sociaux. La corruption dans la politique, les partis, les élections tout ça, c’est une autre histoire tragi-comique.

À propos Abdelkader Benabdellah

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