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Journée mondiale sans tabac. Les dangers des pratiques manipulatrices sur les jeunes

Chaque année, la Journée mondiale sans tabac est l’occasion d’informer et de sensibiliser la population sur le sujet du tabac. L’organisation mondiale de la santé (OMS a, pour cette année, lancé la campagne de sensibilisation sur les influences néfastes de l’industrie du tabac sur les jeunes. «Ce thème de la Journée mondiale sans tabac 2024 est un plaidoyer pour que l’on arrête de cibler la jeunesse avec des produits du tabac nocifs», alerte cette organisation en exhortant les jeunes, les décideurs politiques et les défenseurs de la lutte antitabac du monde entier à «discuter de ce problème et exhorter les pouvoirs publics à adopter des politiques qui protègent les jeunes contre les pratiques manipulatrices de l’industrie du tabac et des industries connexes». Bien que le tabagisme ait diminué au fil des ans grâce aux efforts phénoménaux déployés par les acteurs de la lutte antitabac, la protection de ces groupes vulnérables nécessite davantage d’efforts. Les experts de l’OMS souhaitent que «chaque journée soit une journée sans Tabac», puisque l’on ne parle des méfaits du tabac que durant cette commémoration, qui coïncide avec le 31 mai de chaque année. Cette dernière est aussi une occasion de faire le bilan sur la campagne mondiale menée contre les méfaits du Tabac et les réalisations et les progrès accomplis tout au long de l’année pour instaurer un monde sans tabac. «Le tabagisme, qui tue actuellement un adulte sur dix dans le monde, est la principale cause de décès évitable», selon les spécialistes en matière de santé publique, qui tirent la sonnette d’alarme sur les proportions inquiétantes que prennent les maladies dues à la prise de tabac.
Selon les données de 2015, 17 % des jeunes de 15 à 24 ans fument dans le monde. En Algérie, selon l’enquête (GATS 2010), la consommation de tabac à fumer est de 15,3% chez les personnes âgées de 15 ans et plus, elle est de 27% chez les hommes et de 1,7 % chez les femmes ; la consommation du tabac à chiquer est de 5,7 % chez les hommes. Une enquête menée en 2004, dans le secteur est d’Alger, a révélé que dans le cycle primaire de 5 à 11 ans, le taux de fumeurs est de 3%, soit 3 à 7 cigarettes par jour. Au cycle moyen, ils sont 12% âgés de 12 à 14 ans à fumer, ces enfants et ados consomment entre 4 à 8 clopes par jour. Concernant les lycéens de 15-17 ans, le taux est estimé à 26% de fumeurs, soit 6 à 7 cigarettes par jour. L’enquête mondiale sur le tabagisme (GYTS Algérie 2013) réalisée chez les jeunes âgés de 13 à 15 ans en milieu scolaire révèle un taux de consommation de tabac de 8,8% (16,1 % chez les garçons et 3,1% chez les filles). «Bien que cette proportion diminue au fil des ans grâce aux efforts phénoménaux déployés par les acteurs de la lutte antitabac, la protection de ces groupes vulnérables nécessite davantage d’efforts», estiment les spécialistes qui rappellent que «toute personne commençant à fumer avant le début de la vingtaine est non seulement plus susceptible de devenir dépendante, mais peut également s’avérer moins capable de contrôler son tabagisme en vieillissant». «L’industrie vend délibérément une dépendance mortelle aux jeunes», ne cessent aussi d’alerter les associations qui travaillent dans la lutte inlassable contre la dépendance des jeunes au tabac et la nicotine qui pointent du doigt accusateur les industriels du tabac qui «embellissent leurs produits afin de les rendre plus attrayants pour des groupes démographiques spécifiques, notamment avec leur emballage ou en faisant usage de la stratégie de marque». Ceci est particulièrement évident dans l’énorme intérêt suscité récemment par les cigarettes électroniques et les produits de tabac chauffés. En Algérie, chaque année, ce sont 15 000 morts provoqué par la cigarette soit une quarantaine de personnes qui meurent du cancer du poumon chaque jour dont 8 000 cas de cancer sont recensés par an. Les spécialistes de la santé publique estiment, à propos des actions de sensibilisation et du plan national à mener, qu’il y’a lieu de «rendre le tabac inaccessible et non pas l’interdire”, en insistant sur l’application strict de la réglementation dont l’Algérie s’est portant dotée d’un arsenal mais qui reste sans application. Effectivement, cet arsenal juridique contre le tabac est instauré depuis 1985 ; des lois relatives à la protection et la promotion de la santé interdisant le tabagisme dans les lieux collectifs qui ne sont malheureusement pas appliquées dans les milieux de travail ou les endroits publics. Selon l’article 3 de la loi 85-05 de février 1985, l’usage du tabac est interdit dans les établissements scolaires d’enseignement préparatoire, de formation professionnelle et les lieux utilisés pour l’accueil et l’hébergement des mineurs. Mais les spécialistes constatent qu’aucune sanction n’est exécutée sur les fumeurs au moment où les non-fumeurs sont “asphyxiés” et ne possèdent aucun “moyen juridique à l’encontre des fumeurs”. Le phénomène de la Chicha voit aussi le jour, en Algérie, au vu et au su de tous. Originaire d’Asie et d’Afrique, le principe de la Chicha repose sur un mélange de tabac chauffé grâce à du charbon, produisant une fumée qui, après son passage dans un réservoir rempli d’eau, est inspirée par l’usager au moyen d’un tuyau souple. Selon l’Organisation mondiale de la Santé, «une séance de Chicha (ou narguilé) d’une heure correspondrait à l’inhalation de la fumée de 100 à 200 cigarettes». La Chicha est classée donc dans la même catégorie que les cigarettes, puisque sa fumée présente les mêmes dangers que celle des cigarettes classiques. De plus, la fumée moins âcre et associée à des parfums sucrés incite les fumeurs à inhaler plus profondément, provoquant des dégâts importants. Pour les médecins spécialistes en tabagisme, «il n’est pas nécessaire de fumer soi-même pour être intoxiqué par le tabac», parce que arguent-ils : «le fait de respirer à côté d’un fumeur signifie inhaler involontairement des milliers de substances dont de nombreuses cancérigènes». «La fumée secondaire est la plus dangereuse pour les non-fumeurs et reste plus concentrée en produits toxiques», assurent les médecins qui tiennent à souligner que «le tabagisme passif peut être mis en cause dans de nombreuses maladies du non-fumeur dont l’infarctus du myocarde et le cancer du poumon». Ils sont unanimes ces spécialistes à appeler à l’interdiction strict de fumer dans les lieux publics. Sur un autre chapitre, sont aussi relevés les risques pour les enfants qui sont particulièrement vulnérables face au tabac. «Même si elle le fait de façon involontaire, une femme enceinte qui respire de la fumée intoxique son bébé», affirme-t-on aussi. Le constat est établi, il est donc temps de s’engager à arrêter de fumer pour ne pas laisser le tabac vous couper le souffle et surtout instaurer des politiques qui protègent les jeunes contre les pratiques manipulatrices de l’industrie du tabac et des industries connexes.

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