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Journée d’études sur les produits phytosanitaires à Bouira. Pour une utilisations rationnelle

Une journée de sensibilisation sur l’utilisation rationnelle et raisonnable des produits phytosanitaires à usage agricole s’est déroulée avant-hier au niveau de la salle de conférences de la Chambre d’agriculture de Bouira. Cet évènement scientifique qui coïncide avec la célébration de l’Année internationale de la santé des végétaux, a été organisé par les services de la direction agricole (DSA) auquel ont participé des agriculteurs, des ingénieurs agronomes et des spécialistes du domaine. Mme Samia Dahmani, ingénieure principale en agronomie à l’inspection phytosanitaire de la DSA, dira à ce sujet : « Afin de protéger les cultures contre les parasites animaux ou végétaux, les agriculteurs ont souvent recours à l’utilisation de produits phytosanitaires (pesticides). Ces produits permettent de contrôler le développement des ravageurs lorsqu’ils dépassent le seuil nuisible pour la culture ». Quant aux risques des produits phytosanitaires, quand ils sont utilisés de manière irraisonnée, notre interlocutrice nous instruira à cet effet : « L’exposition de l’agriculteur à des substances dangereuses présentes dans les produits phytosanitaires peut entraîner divers effets sur la santé, qui sont très variables, selon la substance utilisée et le mode de contamination ». Ainsi, nous saurons qu’il y a 02 types d’intoxication sur la santé, c’est-à-dire, les intoxications aiguës (à court terme) provoquées par l’absorption cutanée du produit, l’inhalation et l’ingestion et les symptômes les plus typiques sont les maux de tête, les nausées, les vomissements, la diarrhée, les spasmes musculaires, la transpiration, les tremblements et les sensations de faiblesse. Et les intoxications chroniques (à long terme), qui sont les plus dangereuses et sévères. Il y a aussi le risque sur l’environnement quand l’usage des pesticides est excessif. Elle fera connaître dans sa communication qu’elle a exposée que l’impact des pesticides sur le sol, l’air, l’eau et la faune, est prouvé. Pour les sols, il y a la menace de leur empoisonnement et de leur appauvrissement par la suppression de leurs organismes vivants. Quant à la faune, il y a le risque de la baisse significative des abeilles, des insectes et des oiseaux, ainsi que l’extinction de certaines espèces. Pour ce qui est des mesures préventives à prendre pour éviter ces atteintes graves, l’ingénieure agronome affirmera « avant toute utilisation des pesticides, il faut d’abord garantir une formation à l’utilisation de produits phytosanitaires et à l’acquisition de la compétence technique, évaluer les risques et la connaissance des produits (étiquette et fiche d’information), sécuriser le stockage des produits, respecter l’hygiène et la protection individuelle et éliminer les déchets surtout ». En somme, il s’agit de toute une démarche pour l’application d’un produit phytosanitaire à respecter par les utilisateurs. Invité à cette rencontre, Mohamed Badis, ingénieur agronome, consultant à l’Organisation arabe du développement agricole (OADA) et représentant de la firme américaine Corteva Agri science, qui est un leader de l’innovation en agriculture, spécialisée dans la protection des cultures et la fabrication des produits phytosanitaires et des semences, ce dernier nous enseignera à cet effet : « Il faut que vous sachiez que 04 millions de tonnes de pesticides sont utilisées dans le monde. Le premier pays en tête est le Costa Rica avec un usage de 22,9 kilogrammes à l’hectare, ensuite la Colombie avec 13,2 kg/hectare, la Chine 13 kg/hectare, l’Equateur 12 kg/hectare, le Japon 11,4 kg/hectare, la Turquie 11 kg/hectare, le Guatemala 10 kg/hectare, les Pays-Bas 9,4 kg/hectare,… etc. En dernier lieu l’Algérie est définie avec 500 grammes/hectare. C’est dire que nous sommes un peu nouveau dans la pratique des pesticides, sauf que nous courons d’ores et déjà des risques, faute du bon usage de ces produits. D’ailleurs, ce n’est pas rien si des cancers et autres maladies dermiques se développent de manière inquiétante dans notre monde agricole». Cependant, le professionnel en agriculture poursuivra: «Cette journée est une occasion d’informer et de sensibiliser sur l’usage raisonné des produits phytosanitaires. Et comme on utilise les pesticides à longueur d’année, vu leur importance sur le développement des cultures, donc on doit sensibiliser les agriculteurs et les manipulateurs sur les dangers encourus si nous n’adoptons pas les règles de protection. Dans ce cas, les pesticides dont certains sont considérés comme étant hautement toxiques et contre lesquels des conseils pratiques et des avertissements seront destinés en direction des agriculteurs et des céréaliers, afin qu’ils maîtrisent leur usage sans pour autant s’exposer à leurs très dangereuses nocivités ». Durant tout le déroulement de cette journée de sensibilisation, l’accent a été vigoureusement mis sur l’impact des produits phytosanitaires sur la santé, du moment que leur utilisation est sujette à une toxicité si les règles d’hygiène et de sécurité n’étaient pas suivies par les manipulateurs de ces produits chimiques. Ces derniers provoquent des intoxications aiguës qui évoluent vers d’autres chroniques, et au pire vers le cancer des poumons, voire aussi, des glandes, du larynx et de la peau. « Au contact par les yeux et la peau, à l’inhalation par le nez, et l’ingestion par la bouche. Et de la sorte, nous recommandons aux manipulateurs de ces produits hautement toxiques, qu’ils soient agriculteurs, céréaliculteurs, grainetiers ou simples manipulateurs, qu’ils portent des kilts de protection qui comportent des masques à cartouches, des gants imperméables, ou des combinaisons phytosanitaires jetables qui sont créées spécialement pour protéger les agriculteurs contre les risques chimiques ».

À propos Hocine Taib

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