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Ils sont une dizaines. Les salles de cinémas détournées de leur vocation

Dans les ruelles et impasses d’Oran, seul un œil averti arrive à dénicher les dernières traces. Des dizaines de salles de cinémas, témoins de la période faste des années post-indépendance pour le cinéma algérien, ne sont plus qu’un souvenir, certaines gardent portes closes, d’autres détournées de leur vocation. Espace de liberté et d’expression pour promouvoir les activités culturelles, les salles obscures ne suscitent plus l’attraction dont elles faisaient l’objet de la part des populations post indépendance.
La ville d’Oran a complètement changé et au lieu d’évoluer elle est tombée dans la décadence et la décrépitude. Dans les années quatre-vingt, El Bahia ne possédait pas moins de 20 salles. Ces principales salles de spectacles, dont bon nombre a été détourné de sa vocation initiale pour être transformé, elles ont été délibérément et avec préméditation, reléguées aux oubliettes, abandonnées et livrées à l’usure du temps et à la dégradation totale. C’est pourquoi les Oranais, surtout les amoureux du 7ème art, ont été surpris d’apprendre que ces biens de l’Etat ont toujours été convoités par certaines personnes  »influentes ». Le cinéma Eldorado, sis à la rue de Tlemcen pris par un privé qui l’a transformé en Hôtel, la salle Rex, située dans la même rue abandonnée depuis plusieurs années qui est devenue un dépotoir à ciel ouvert. Certaines salles transformées pendant plusieurs années en locaux commerciaux sont pratiquement irrécupérables, elles ont non seulement perdu leur configuration originelle à cause des travaux anarchiques entrepris par les nouveaux occupants. A Oran comme partout dans le pays, les salles de spectacle sont passées sous le giron des communes  »Absence de sens artistique et culturel chez les élus locaux, manque de vision et clientélisme.  »L’activité cinématographique ».
A Oran, qui est réduite comme d’autres wilayas du pays, les jeunes ne connaissent rien du 7ème art. Certains avouent qu’ils n’ont jamais mis les pieds dans une salle de cinéma. Aujourd’hui, il faut tirer la sonnette d’alarme pour tâcher de réhabiliter le patrimoine longtemps abandonné, surtout si on veut rendre agréable l’aspect touristique d’Oran.

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