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Histoires de poulet

Je n’ajoute rien à la connaissance de nos lecteurs, en disant que le secteur du «poulet» possède son propre système «maffieux». Oui, effectivement, Il se pourrait que je suis un peu en train de charrier, en utilisant l’expression «maffia». Je ne suis pas en train d’évoquer l’expression maffia dans le sens de la Cosa Nostra italienne, cependant, cette acception voulait, tout simplement, dire: un ensemble d’opérateurs monopolisant cette activité. Il s’agit bien de producteurs, de grossistes et de commerçants qui, en profitant d’une absence flagrante de l’Etat, exercent leur métier, sans se soucier des lois et des règlements. Vous voyez bien que ça ressemble un peu aux activités de la Cosa Nostra, sans en être vraiment. D’ailleurs, ce ne sont pas uniquement les spécialistes du poulet, qui préfèrent un jeu fermé pour leurs activités. Néanmoins, toutes les activités économiques ou de services du pays, possédant chacune son propre groupuscule maffieux, c’est-à-dire un réseau de personnes, voire une corporation qui s’adonne à ce dangereux jeu fermé, dont l’Etat, avec son imposante autorité, trouve parfois des difficultés à pénétrer intra muros. Donc, les prix, la distribution, entre autres, sont à la commande de ces gens influents. Pour eux et de bonne guerre, ils trouvent ça logique, c’était dans l’unique but de protéger leurs intérêts, dans la tourmente des prix qui dépendent largement d’un tas de changements imprévus. Le consommateur consommé, le faible maillon de la chaîne, est le dernier auquel l’on pense. Ce genre de dépassements fait légion dans les pays où l’Etat préfère ne pas s’y impliquer, quand il s’agit de systèmes corporatifs solides. Ces derniers deviennent plus solides et solidaires, quant ils se trouvent devant un simulacre Etat, peinant à imposer ses lois et ses règlements. L’équation Etat–système maffieux est très visible dans ce genre de situation… Quand l’état reprend ses forces, ce sont les réseaux qui vont courber l’échine devant l’imposante autorité des lois…et vice-versa. Vous voyez comment et pourquoi, l’on avait mis les mains et les pieds, afin de faire perdurer la situation d’une Algérie faible. Les réseaux d’influence économiques ou politiques tels des parasites, se nourrissent de cet état de languissement. Un Etat très fort, ça ne les arrange pas du tout. Cette option a été très visible, quand ces réseaux d’influence se sont coupés en quatre pour imposer, au peuple algérien, un cinquième mandat …Est-ce que le gouvernement, issu de l’après Hirak, serait en train de redonner la force à l’Etat algérien? Et bien, ce n’est pas facile de s’en prononcer …il est trop tôt pour donner un avis juste et objectif, là-dessus.

À propos Abdelkader Benabdellah

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