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Guerre contre l’informel…

Le défaut de facturation dans le commerce a des conséquences néfastes car il entraîne une perte significative des recettes fiscales pour l’État et favorise une concurrence déloyale entre les opérateurs fiscaux vertueux et ceux qui contournent leurs obligations fiscales. Les commerçants détaillants en Algérie sont réticents à la facturation des produits qu’ils achètent auprès de leurs fournisseurs. Cela est une réalité. Le citoyen «paye» indirectement ou directement les aléas du marché «informel». L’informel continue de dicter ses lois sur le marché national, en profitant des «crises» dans l’approvisionnement, des fêtes et de la forte demande face à une «faible» offre. L’informel fait des ravages dans le marché des légumes et fruits et aussi dans celui des viandes. Le président de l’Association nationale des commerçants et des artisans algériens, Hadj Tahar Boulenoua, est catégorique, en estimant que la généralisation de la facturation doit concerner toutes les parties concernées et passe également par l’éradication du commerce informel. Fin mars, il avait estimé que l’informel représente entre 30 à 40% des activités commerciales en général. Sur l’absence de facturation dans les transactions commerciales chez les détaillants de produits de large consommation, il a indiqué à TSA: «Les commerçants voudraient bien travailler dans les normes. Cependant, comment exiger la facturation au détaillant alors que son fournisseur ne facture pas. Dans certains cas, les factures n’existent pas à la source. Si le détaillant exige la facturation, il paiera le produit plus cher». «Il n’est pas possible d’exiger la facturation alors que le commerçant légal est concurrencé par l’informel qui ne paie aucune charge ni impôts. On fait pression sur les commerçants répertoriés et on laisse tranquille les informels. Agir de la sorte, c’est encourager l’illégalité», indique Hadj Tahar Boulenouar. Mohamed Aissaoui, président de l’Association des consommateurs Himayatic, estime: «Les services du commerce doivent veiller à l’application de la loi pour avoir une traçabilité mais aussi pour connaître la structure du prix proposé aux consommateurs par le commerçant. Il faut avoir les détails par le biais des factures pour connaître la marge bénéficiaire réelle». Le président de Himayatic propose d’imposer la facturation de «manière progressive» et avec «des mesures incitatives» afin de ne pas perturber le marché. L’Algérie enregistre un déficit en nombre de marchés de gros, de détail ou de proximité. Ils sont à peine 47 marchés de gros et près de 1.800, toutes catégories confondues, sur l’ensemble du territoire national. La lutte contre la spéculation s’inscrit au centre des préoccupations de l’Etat en vue de préserver le pouvoir d’achat du citoyen en assurant la disponibilité et la stabilité des produits alimentaires, notamment ceux subventionnés. Ce texte de loi prévoit l’application de peines sévères contre les personnes impliquées dans ces crimes, pouvant aller jusqu’à 30 ans de prison et la réclusion à perpétuité si le forfait est commis dans le cadre d’un groupe organisé. La lutte contre la spéculation et l’éradication de l’informel devront être révisées et ajustées pour freiner ce mal qui ronge notre économie en sensibilisant le citoyen et l’impliquant dans cette œuvre.

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