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Gestion des écoles primaires à Bejaia. Les communes mises à l’index

La gestion au quotidien des écoles primaires et des cantines scolaires se pose avec acuité et refait surface à la faveur de la montée au créneau des directeurs de ces établissements, par le biais de leur syndicat. En effet, le Syndicat national des directeurs des écoles primaires (Snadep) n’a de cesse de réclamer le détachement pur et simple de ces écoles primaires de la gestion des Assemblées communales, après avoir «constaté des défaillances dans leur gestion au quotidien». « Les communes n’arrivent pas à répondre au besoin des écoles primaires», nous dira un directeur d’école qui pointe du doigt les «communes déficitaires et déshéritées qui ne peuvent plus faire face aux besoins de ces établissements». Selon les syndicalistes du (Snadep), «le détachement de la gestion des écoles primaires des communes est envisagé par les pouvoirs publics, mais les textes d’application tardent à voir le jour». Le syndicat a déjà proposé «de confier la gestion des écoles primaires à la Direction de l’éducation ou créer des organismes qui s’en occuperont». En plus de la prise en charge de la gestion des écoles sur les plans pédagogique et financier, les cantines scolaires sont aussi un autre point noir qui n’arrive toujours pas à être solutionné. Les cantines scolaires de la wilaya de Bejaïa fonctionnent dans des conditions que l’on peut qualifier aisément des plus difficiles, une situation qui se caractérise par la vétusté des équipements, précarité de l’encadrement, maigres subventions des pouvoirs publics au moment où elles font face à une demande de prise en charge en constante augmentation. Plusieurs cantines ont fermé leurs portes faute de personnel, cela est valable aussi pour les CEM et ce, faute de personnel. Une situation que déplorent les associations de parents d’élèves que nous avons rencontrées, qui nous retracent une situation peu reluisante que vivent les élèves contraints de faire des kilomètres à pied pour se restaurer. Sur un autre chapitre, il faut relever que les autres cantines existantes sont dans la misère la plus totale où elles continuent à fonctionner avec un prix du repas ne dépassant pas les 25 dinars, apprend-on des directeurs des écoles primaires que nous avons interrogés et ce, au moment où les prix des fruits et légumes ne cessent d’augmenter, sans parler des viandes et poissons qui sont un luxe pour ces cantines. La visite de certaines cantines scolaires de la wilaya de Bejaïa nous a permis de constater de visu que les repas sont composés souvent de légumes secs, d’un bout de viande et quelques fois d’un dessert. «Les cantines scolaires sont prises en charge par trois parties qui les financent à savoir le ministère de l’Education Nationale avec l’apport de 15 DA, la wilaya de 04 DA et enfin les communes dont l’aide diffère d’une commune à l’autre, selon la santé financière de chaque commune», apprend-on des directeurs d’école que nous avons rencontrés. Des responsables qui arrivent difficilement à gérer ces cantines compte tenu des budgets maigres et insignifiants qui leur sont alloués. La majeure partie de la subvention allouée aux cantines parvient des collectivités locales lorsqu’on sait que sur les 52 communes que compte la wilaya, 48 d’entre elles sont déficitaires et par voie de conséquence, l’aide ne peut être que des plus insignifiantes. Hormis les communes d’Akbou et de Bejaïa qui déboursent entre 20 et 25 DA le repas pour ses cantines scolaires, les autres communes comptent la plupart sur les aides du ministère et de la wilaya, ce qui fait que le prix du repas ne dépasse guère les 19 DA. Face à cette situation financière des plus difficiles, les cantines scolaires font face à une demande en constante croissance d’élèves. Le nombre de bénéficiaires de repas de ces cantines scolaires dépasse les 100.000 élèves qui sont issus, pour la plupart, de familles nécessiteuses, donc pauvres. La création de nouvelles cantines scolaires est certes prise en charge, mais en revanche, l’amélioration des repas demeure toujours insuffisante. Une qualité de service de ces cantines décriée par les parents d’élèves de la wilaya regroupés au sein des associations affiliées toutes à la Fédération de wilaya. Les responsables de ces associations de parents d’élèves que nous avons interrogés, sont unanimes à qualifier «de médiocre» cette prise en charge. Pour nos différents interlocuteurs, «le repas est souvent constitué de soupes et de légumes secs», en nous précisant que «ces cantines sont dans la plupart des cas encadrés par du personnel du filet social pris en charge par la DAS» donc non formé pour la préparation de repas. Cette situation que traverse les cantines scolaires de la wilaya, pousse beaucoup d’élèves, notamment ceux qui ne sont pas pris en charge faute de place ou d’absence de cantines scolaires dans leurs localités, à ramener de la nourriture souvent faite de repas froid de chez eux, ce qui pourra se répercuter négativement sur leur santé et le rendement scolaire.

À propos Hocine Smaali

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