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Gaz naturel. 25 milliards de dollars de dépenses annuelles jusqu’en 2030 pour l’Afrique

Incontestablement, l’Algérie est le premier exportateur africain du gaz. L’UE ou du moins certains pays européens, dont l’Italie et l’Espagne, courtisent le gaz algérien dans la perspective d’atténuer le choc et les fluctuations du marché pour une réduction de leurs dépendances aux hydrocarbures russes surtout après la guerre de l’Ukraine. L’objectif est de diversifier leurs approvisionnements. D’ici à 2050, la demande de gaz naturel devrait augmenter de manière impressionnante de 34 %, faisant considérablement croître sa part dans le mix énergétique mondial, passant de 23 % actuellement à 26 %.
Dans son dernier rapport trimestriel publié en janvier, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) table sur une demande mondiale de gaz qui devrait connaître une «forte croissance» en 2024 comparé à 2023, soutenue par des prévisions de températures plus froides et la baisse des prix. Les marchés du gaz sont sous tension depuis la crise sanitaire et la reprise post-Covid fin 2021, et encore plus depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022 par la Russie, ce qui a alimenté les importations par la mer de GNL, notamment en provenance des États-Unis, pour compenser les réductions drastiques de livraisons de gaz russe dans les pipelines vers l’Europe. Selon le rapport coréalisé par l’AIE et le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) « il est essentiel d’agir rapidement pour améliorer l’accès au capital et alléger les coûts de financement pour débloquer un flux de dépenses en matière d’énergie propre en Afrique ». L’investissement global dans l’énergie sur le continent a connu des difficultés ces dernières années, poursuit le rapport, alors que pour répondre aux ambitions de développement de l’Afrique, ainsi qu’aux objectifs internationaux en matière d’accès à l’énergie et de climat, « il doit plus que doubler d’ici 2030, dont près des deux tiers doivent être consacrés à l’énergie propre ». Même si l’Afrique représente près de 20% de la population mondiale et dispose de ressources abondantes, elle n’est la destination que d’environ 2% des dépenses mondiales en énergie propre, pointe le document intitulé « Le financement de l’énergie propre en Afrique ». L’agence AIE et la BAD expliquent qu’une série de risques affectant les projets en Afrique, ainsi que des coûts d’emprunt plus élevés suite à la pandémie de Covid-19, induisent l’existence « d’un pool limité » de capitaux abordables que les investisseurs en énergie en Afrique peuvent exploiter. L’agence internationale de l’Énergie fait état dans son dernier rapport de la nécessité de l’amélioration de l’accès aux capitaux pour un allègement des coûts de financement pour développer des Énergies renouvelables. A cet effet, le coût du capital pour les projets d’énergie propre à grande échelle sur le continent est au moins deux à trois fois plus élevé que dans les économies avancées. Ce rapport précise en outre que « cela pourrait empêcher les investisseurs de se lancer dans des projets commercialement viables susceptibles de fournir des solutions énergétiques abordables(…) la nécessité d’un engagement fort de la part des secteurs public et privé, ainsi que le soutien des institutions étrangères et nationales » (…) la fourniture d’une énergie moderne à tous les Africains nécessitera près de 25 milliards de dollars de dépenses par an jusqu’en 2030, selon le rapport. Celui-ci indique qu’une petite somme dans le contexte des dépenses énergétiques mondiales équivalente à l’investissement nécessaire pour construire un nouveau terminal GNL par an. Mais cela nécessite un type de financement très différent, étant donné la nécessité de projets à petite échelle, souvent dans les zones rurales et pour des consommateurs ayant une capacité de payer limitée », souligne le document. Pour cela, l’AIE et la BAD estiment que la communauté internationale a « un rôle majeur » à jouer dans l’augmentation des investissements dans les énergies propres en Afrique. Enfin, le rapport explore ainsi des moyens innovants pour relever ce défi, appelant à fournir davantage de financements de démarrage et d’utiliser davantage d’outils susceptibles de réduire les risques d’investissement afin d’attirer des capitaux privés. L’AIE fut fondée par des pays membres de l’Organisation pour la coopération et le développement économique en réponse au choc pétrolier de 1973-1974 découlant de l’embargo décrété par des pays membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole.

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