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Fruits et légumes hors de prix

En pleine saison des oranges, elles sont vendues à un prix moyen de 250 DA. Et idem pour les autres légumes de saison… Cette histoire va, encore pour la énième fois, nous faire renvoyer à la façon avec laquelle le marché national des légumes et fruits est géré, notamment dans les grandes villes, démographiquement très denses. Or, dans les villages et les communes rurales, la situation est plus clémente. Vous n’aurez pas besoin, d’aller chercher les causes, ailleurs, peut-être chez les fellahs, le premier maillon de la chaîne de distribution des légumes et des fruits. Tout le problème se concentre chez les intermédiaires les plus importants que sont les mandataires. C’est justement là où l’on devrait chercher le dénouement de l’énigme. Il y a deux ans de ça, le ministre du Commerce -toujours en poste – avait, rappelle-t-on, donné son accord pour que les détaillants puissent s’approvisionner directement, chez les fellahs producteurs, sans passer nécessairement par la pègre des mandataires. Et, vous vous rappelez tous, comment fut-elle la méchante réplique des mandataires. La semaine d’après, une flambée du prix de la pomme de terre a été de suite constatée. Des augmentations qui ont doublé les prix. Parfois les prix avaient dépassé le seuil intolérable des 150 DA le kg. Cette méchante réplique n’était, en effet, qu’une petite mise en garde, à l’égard des pouvoirs publics. Selon eux, le fait qu’un détaillant pouvait sans problème s’approvisionner auprès d’un agriculteur, sans passer obligatoirement par eux, cela aurait été interprété comme une sorte de déclaration de guerre et l’annonce implicite de la ruine de la «corporation» des mandataires. De notre côté, nous avons dit et redit, à plusieurs occasions et dans des chroniques précédentes, que toute réforme souhaitée dans le secteur des légumes et des fruits passera nécessairement, par la question de juguler le marché du gros de ces denrées vitales et indispensables à la survie du citoyen. La vacance des services de l’Etat dans ce secteur, pendant une période cruciale de l’histoire du pays, avait transformé les mandataires en une sorte de vraie «mafia» solidement structurée. Ces gens ne pensent avant tout qu’à leurs intérêts, quitte à affamer leurs concitoyens. D’ailleurs, l’histoire de la prolifération forcenée des réseaux maffieux ayant touché presque tous les secteurs vitaux de l’Etat algérien à cause de l’affaiblissement prémédité de l’Etat, de ses services et ses appareils, en charge de faire ordonner l’autorité de l’Etat, ses lois et ses décisions. Actuellement, nous sommes en train de constater un retour progressif de l’autorité de la loi, bien que le chemin soit long et il reste beaucoup à faire.

À propos Abdelkader Benabdellah

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